Présence de tritium dans l’eau du robinet en Bourgogne autour du centre de production de bombes atomiques de Valduc à SALIVES (21) ainsi que dans plus de 250 autres communes en France.



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Le manque de transparence du nucléaire n’est pas imperméable au tritium ! (Photo du Bien Public, nov. 2010)

Plus de 6 millions de français concernés

A partir des données nous ont été fournies par le Ministère de la Santé (ARS –SISE Eaux), l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) vient de publier le 17 juillet 2019 une carte exclusive de la contamination radioactive de l’eau potable en France métropolitaine. (Lien vers cette carte interactive).

Ces données représentent la valeur moyenne de tritium présent dans l’eau potable sur les années2016-2017. Même si le seuil règlementaire de qualité des eaux de 100 Bq/L (Becquerel par litre) n’est pas à ce jour dépassé la situation préoccupe.

La carte fait apparaître plusieurs zones avec une présence régulière de tritium dans l’eau du robinet :

  Le long de la Seine, de la centrale nucléaire de Nogent sur Seine à l’Ile de France, à cause des rejets radioactifs ;

  Le long de la Vienne et de la Loire à cause des rejets radioactifs des installations nucléaires d’EDF (Belleville, Dampierre, St-Laurent, Chinon et Civaux) ;

  Autour du centre du CEA de Valduc à SALIVES (21) où le tritium est produit pour l’armement nucléaire ;

  Autour du centre CEA de Saclay où il doit s’agir d’une pollution rémanente.Le long de la Vienne : Châtellerault présente des niveaux parmi les plus importants relevés.

La moyenne sur2016 et 2017est de 31Bq/litre (18 prélèvements).Le long de la Loire : du tritium est détecté dans l’eau potable de toutes les communes s’alimentant dans la Loire ou dans les nappes sédimentaires du fleuve.

De grandes agglomérations sont concernées : Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes. A Nantes, les niveaux sont comparables à ceux observés à Saumur, villes séparées de plus d’une centaine de kilomètres.

A juste titre l’ACRO souligne

  que les rejets radioactifs ne sont pas soumis au principe pollueur-payeur alors qu’ils devraient entrer dans le périmètre des agences de l’eau, comme les autres polluants ;

  que le tritium est un « lanceur d’alerte » : en cas d’accident grave sur une des centrales nucléaires sur la Seine, la Vienne ou la Loire, il n’y aura pas que le tritium rejeté et ce sont des millions de personnes qui risquent d’être privées d’eau potable.

Comment les autorités feraient-elles faire pour assurer les besoins vitaux de ces personnes ? Aucun plan n’est disponible !

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Le communiqué complet de l’ASCO

Plans « ORSEC eau potable »

L’association demande que la pollution radioactive soit prise en compte dans les plans « ORSEC eau potable » qui doivent être établis pour le 31 décembre 2020 au plus tard et qu’ils fassent l’objet d’une consultation du public.

Elle demande également des mesures soient plus fréquentes Dans les petites communes concernées ou il n’y a qu’une mesure de tritium tous les cinq ans.