Nouveau projet de ferme usine de 370 vaches laitières à SORANS-LES-BREUREY (70)



Pour répondre aux besoins de la coopérative laitière du Val de Saône...

un nouveau projet de ferme usine de 370 vaches laitières voit le jour à SORANS-LES-BREUREY (70)

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Par arrêté du 2 juin 2020, la préfète de la Haute-Saône a ouvert une consultation publique du 6 juillet au 14 août 2020 sur la demande d’enregistrement au titre des Installations classées pour la protection de l’environnement en vue de l’extension d’un élevage de bovins à SORANS-LES-BREUREY. Une de plus concernant l’environnement en pleine période de congés estivaux.

De ce que la CPEPESC sait du dossier technique, le cheptel, gentiment appelé « grand troupeau » - il est vrai que le terme de ferme usine ferait un peu tache et risquerait d’effrayer le consommateur - atteindrait 370 têtes contre 150 aujourd’hui. A 30 unités près et le projet était soumis à autorisation. Visiblement, le GAEC ADAM, porteur du projet, a préféré s’abstenir de passer à 400 vaches pour éviter l’enquête publique.

Le but d’un tel projet est de répondre favorablement aux besoins de la Coopérative laitière du Val de Saône sur ABONCOURT-GESINCOURT en augmentant la production de lait avec un objectif à 2 900 000 litres par an. Rien que ça !!

Bien évidemment ce projet, soit disant fonctionnel, performant et durable, non seulement s’avère totalement déconnecté des attentes des consommateurs mais se trouve être forcément en totale contradiction avec les enjeux du moment en termes de lutte contre le réchauffement climatique et de maîtrise/contrôle des pollutions d’origine agricole.

Les pratiques d’élevage vont être radicalement modifiées. D’un système « tout fumier », la nouvelle exploitation sera désormais « tout lisier » à plus de 80 %. D’un système mixte pâturage + fourrages on passe au hors sol quasi intégral avec tous les inconvénients que cela implique, notamment l’absence d’un accès aux pâturages pour 300 bovins concentrés en stabulation toute l’année ou presque.

Heureusement, les animaux disposeront d’une aire d’exercice extérieure non couverte… de 320 m².

Nous laissons le soin à nos lecteurs de faire le calcul de la surface réservée par vache !

L’exploitation sera dépendante de l’extérieur pour ses approvisionnements. Ainsi pour l’alimentation des animaux, une partie des aliments sera importé dans le cadre des échanges d’effluents prévus. Pour ces derniers, sur les 1697 tonnes d’effluents solides produits (issus d’une séparation de phase du lisier en fin de bâtiment), environ 700 tonnes seront exportés chez des tiers. Sur les 8 100 m3 d’effluents liquides, il est prévu d’en exporter 1 500 m3 sur d’autres exploitations. Au total sur les 31 487 kg d’azote organique produits sur l’élevage, ce seront ainsi 9 487 kg qui seront exportés chez des tiers, 2 453 kg qui seront produits au pâturage par les vaches taries et 22 000 kg qui seront épandus sur les parcelles du plan d’épandage.

Quant à la consommation d’eau annuelle, elle est estimée à 13 000 m3, soit 13 000 000 de litres d’eau, sachant qu’une vache laitière consomme en moyenne annuellement 90 litres/jour. Face à de tels besoins, le GAEC ADAM projette de créer un forage en eaux profondes afin de limiter la consommation d’eau potable issue du réseau communal. Et c’est censé nous rassurer !

Pour conclure que dire sinon que ce projet est un non-sens écologique, climatique mais aussi agricole à une époque où chacun, résigné, regarde le ciel en attente de précipitations, à une époque où nous devrions, tous solidairement être engagés à limiter notre empreinte carbone et nos impacts sur l’environnement.

Visiblement, la coopérative laitière du Val de Saône et le GAEC ADAM sont à des années lumières de ces priorités.

Et que nos lecteurs ne se fassent pas d’illusion, ce projet aboutira.

Le permis de construire a déjà été accordé depuis le 23 août 2019 et les travaux ont commencé depuis plusieurs semaines, cette consultation n’est donc qu’une dernière formalité administrative...

... que la préfète de la Haute-Saône, à n’en pas douter, validera malgré l’illégalité actuelle des travaux (cf. articles L512-7-3 du Code de l’environnement et L. 425-10 du code de l’urbanisme).

Pourvu que ça dure !

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NDLR :

Le GAEC en cause est connu de longue date de l’association... l’un des épisodes lui avait d’ailleurs valu un rappel à la loi en juillet 2010 à la suite d’écoulements mal maîtrisés. Voir https://www.cpepesc.org/Un-flot-de-purin-devalait-la-pente.html ?var_mode=calcul.