Les associations de protection de la nature selon le préfet du Jura : du dénigrement au racolage !



« Un fléau qui se répand »

Depuis mars 2019 on savait que Monsieur VIGNON, préfet du Jura titularisé à ce poste en 2016 ne portait pas les associations de défense de l’environnement dans son cœur.

Lors de l’investiture du nouveau président de la Chambre d’agriculture, alors que Monsieur le Préfet relevait que le monde agricole allait devoir faire face aux nombreux enjeux et défis d’aujourd’hui, à l’image de « la préservation de la qualité de l’agriculture, mais également la transition écologique, qui est un défi majeur pour la santé et l’environnement », il assurait du même coup de son soutien la profession contre « les associations de défense [de l’environnement], qui sont plus des associations d’attaque et qui sont un fléau qui se répand » (propos rapportés par la Voix du Jura dans son édition du 1er mars 2019).

Belle posture qui montre bien dans quel état d’esprit sont encore certains représentants de l’Etat.

Face à de tels propos, indignes d’un haut fonctionnaire de l’Etat, la CPEPESC se doutait que Monsieur VIGNON n’en resterait pas là.

On ne pourra pas dire qu’elles n’ont pas été associées

C’est dans le cadre du projet de restructuration de la station de ski des ROUSSES que le Préfet s’est de nouveau illustré.

Alors qu’il conviait le 19 juillet dernier les associations de protection de la nature (APN) à une réunion de concertation prévue le 25 juillet à 17h30 en préfecture, il signait moins d’une semaine plus tard l’arrêté portant dérogation aux interdictions de détruire, altérer, dégrader des sites de reproduction ou des aires de repos d’espèces animales protégées, et de destruction et de perturbation intentionnelle de spécimens d’espèces animales protégées.

Une célérité qui ne manque pas de surprendre quand on sait que pour d’autres dossiers environnementaux la durée de traitement est de plusieurs mois : https://www.cpepesc.org/Rabotage-au-casse-cailloux.html ?var_recherche=Natura%202000. Il est vrai que les enjeux ne sont pas les mêmes…

Comme l’ont rapporté certaines associations qui ont bien voulu se déplacer, l’affaire était donc déjà pliée et l’administration n’a convié les APN (merci au passage pour le bilan carbone !) que dans le but vraisemblable de pouvoir ensuite justifier qu’elles étaient bien parties prenantes au dossier et qu’elles n’ont pas été oubliées dans le cadre de cette pseudo concertation.

Peu importe que les APN soient gênantes tant qu’elles peuvent servir de caution !

Mais cela ne s’arrête pas là puisque les associations se retrouvent toutes membres de droit du comité de suivi créé par l’article 9 de l’arrêté susvisé. La CPEPESC - et sans doute aussi les autres associations - n’a pourtant jamais demandé à en faire partie et n’a d’ailleurs jamais été consultée en ce sens. Cherchez l’erreur… En outre, la CPEPESC avait pris soin avant la dite réunion de manifester son opposition au projet rejoignant en cela l’avis émis par le CNPN le 13 mai dernier.

Les APN de Franche-Comté et les milliers de membres qu’elles représentent ne seraient-elles que des pions aux yeux du Préfet du Jura !?