Ferme usine de SORANS-LES-BREUREY (70) un bien rapide feu vert de la Préfecture



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"Esperons qu’un jour loin du goulag de Sorans nos copines seront aussi heureuses que nous !"

Le vendredi 14 août s’achevait, consultation publique de la Préfecture de Haute-Saône relative à l’extension d’un élevage de bovins soumis au régime de l’enregistrement de SORANS-LES-BREUREY (70) déjà évoqué sur ce site. (Voir : Nouveau projet de ferme usine de 370 vaches laitières à SORANS-LES-BREUREY (70)

De nombreuses observations et protestations ont été formulées contre ce projet notamment sur le site de la dite Préfecture.

Mais les services n’ont pas dû s’appesantir très longtemps sur les arguments pourtant judicieux émis par de nombreux citoyens et associations, dont la CPEPESC, contre ce projet contre nature et aberrant…

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Arrêté préfectoral du 3.9.2020

Dès le 3 septembre 2020, un arrêté de la Préfète de Haute-Saône donnait le feu vert à l’exploitation.

Un rapide feu vert, un exemple de plus qui montre bien que l’ancien monde continue avec ses abus, ses archaïsmes, ses consultations bidons, ses langues de bois qui prennent la population pour des imbéciles.

On lit dans un article de http://factuel.info/ que « attentive à la protection de l’environnement et au respect du bien-être animal, la préfète soutient les projets des agriculteurs contribuant au développement économique du département de la Haute- Saône ».

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On lira ci-dessous les observations déposées par la CPEPESC lors de la "consultation publique"

La CPEPESC vous faire part ci-après de ses observations, remarques et critiques dans le cadre de la consultation publique relative au projet d’extension d’un élevage bovin sur la commune de SORANS-LES-BREUREY porté par le GAEC ADAM déjà connu de notre association : https://www.cpepesc.org/Un-flot-de-purin-devalait-la-pente.html ?var_mode=calcul.

- Le but de ce projet est de répondre aux besoins de la Coopérative laitière du Val de Saône sur ABONCOURT-GESINCOURT en augmentant la production de lait avec un objectif à 2 900 000 litres par an. Rien que ça !!

- Bien évidemment ce projet, soit disant fonctionnel, performant et durable, dixit la Chambre d’agriculture de la Haute-Saône, non seulement s’avère totalement déconnecté des attentes des consommateurs mais se trouve être en totale contradiction avec les enjeux du moment en termes de lutte contre le réchauffement climatique et de maîtrise/contrôle des pollutions d’origine agricole.

- La CPEPESC ne s’attardera pas à en dénoncer le fondement, il est évident que ce projet est un non-sens écologique, climatique, à la rentabilité économique plus que douteuse et l’on s’interroge encore sur les motivations qui ont conduit aujourd’hui tant le GAEC que la Chambre d’agriculture de la Haute-Saône à porter un projet aussi éloigné des préoccupations et des priorités du moment.

- Ce projet s’accompagne de nouvelles installations, nouveau bétonnage en vue donc imperméabilisation des sols, nouvelle dégradation du paysage mais l’impact… sera positif (cf. page 4 du projet) :

La position du projet dans son environnement physique permet une intégration paysagère naturelle du fait des différentes zones boisées autour du site, et les associés du G.A.E.C. ADAM prévoient aussi la mise en place de vergers du côté de la salle de traite du nouveau bâtiment pour en limiter l’impact visuel depuis la route, ainsi qu’à l’entrée du site existant pour mieux l’intégrer aussi vis-à-vis du village.

L’implantation se fait sur une parcelle jusqu’alors en culture et prévoit une partie de remise en herbe autour du bâtiment. L’ensemble de cette réflexion d’intégration paysagère devrait ainsi avoir un impact plus positif que négatif sur la biodiversité, aucune clôture ne sera ajoutée par rapport à l’existant, il n’y aura donc pas d’entrave nouvelle à la circulation de la faune sauvage à proximité des bâtiments.

Franchement, le GAEC et la Chambre d’agriculture ne prendraient-ils pas les citoyens et les représentants de la société civile pour des imbéciles ?

De ce que la CPEPESC a appris du dossier technique, le cheptel, gentiment appelé « grand troupeau » - il est vrai que le terme de ferme usine ferait un peu tache et risquerait d’effrayer le consommateur - atteindrait 370 têtes contre, sauf erreur, 150 aujourd’hui (Difficile de trouver l’effectif actuel de l’élevage dans le dossier !).

A 30 unités près et le projet était soumis à autorisation.

Visiblement, le GAEC ADAM a préféré s’abstenir de passer à 400 vaches pour éviter la procédure d’une vraie enquête publique.

Une cour de récréation extérieure de 320m2 pour 300 bovins !

D’un système « tout fumier », la nouvelle exploitation sera désormais « tout lisier » à plus de 80 %.

D’un système mixte pâturage + fourrages on passe au hors sol quasi intégral avec tous les inconvénients que cela implique : absence d’un accès aux pâturages pour 300 bovins - les animaux disposeront d’une aire d’exercice extérieure non couverte… de 320 m² -, élevage en bâtiment sur caillebotis, extension de la culture du maïs vert ou en ensilage au détriment des prairies, etc.

Dans ces univers concentrationnaires, les animaux sont des machines à produire, ici du lait en l’occurrence !

L’exploitation sera dépendante de l’extérieur pour ses approvisionnements et produira plus d’effluents liquides comme solides qu’elle ne peut en traiter/gérer en autonomie (Si la Chambre d’agriculture soutient le contraire, elle n’apporte pas la preuve que le GAEC ADAM aurait pu épandre la totalité des effluents produits sur son parcellaire en respectant les dispositions et le programme d’actions de la Directive Nitrates.) : sur les 1697 tonnes d’effluents solides produits (issus d’une séparation de phase du lisier en fin de bâtiment), environ 700 tonnes seront exportés chez des tiers.

Sur les 8 100 m3 d’effluents liquides, il est prévu d’en exporter 1 500 m3 sur d’autres exploitations. Au total sur les 31 487 kg d’azote organique produits sur l’élevage, ce seront ainsi 9 487 kg qui seront exportés chez des tiers, 2 453 kg qui seront produits au pâturage par les vaches taries et 22 000 kg qui seront épandus sur les parcelles du plan d’épandage.

Le plan d’épandage est totalement muet s’agissant des exportations d’azote organique qui représentent pourtant 30 % de la « production ».

Quant au plan d’épandage sur la seule SAU de l’exploitation, on a peine à croire qu’il sera scrupuleusement respecté par l’exploitant si l’on en croit les constats rapportés par les autres ONG.

Venons-en à la consommation d’eau annuelle

Elle est estimée à 13 000m3, et c’est un minimum, soit 13 000 000 de litres d’eau, sachant qu’une vache laitière, selon les estimations du GAEC, consomme en moyenne annuellement 90 litres/jour. Face à de tels besoins, l’exploitant projette de créer un forage en eaux profondes afin de limiter la consommation d’eau potable issue du réseau communal.

Bel objectif altruiste sauf que le GAEC oublie de préciser qu’un forage a un double avantage pour son propriétaire, d’une part il allège la facture d’eau, d’autre part il permet de dissimuler à la population la quantité d’eau prélevée et donc effectivement utilisée.

En outre, si tant est que le forage soit efficient (Nous n’en saurons pas davantage, ni sur les performances en matière de débit de ce forage, ni sur les volumes prélevables.), les prélèvements impacteront inévitablement la ressource en eau du secteur et l’alimentation de la nappe phréatique ou profonde.

Face aux épisodes de sécheresse désormais récurrents et aux restrictions d’usage de l’eau associées, le projet du GAEC ADAM créera des frustrations et exacerbera forcément les tensions au sein de la population locale.

Produire du lait « bas-de-gamme »

Pour conclure que dire sinon répéter que ce projet est un non-sens écologique et climatique (intensification des pratiques culturales avec extension de la culture du maïs en ensilage, augmentation des pollutions, émissions de gaz à effet de serre, etc.), mais aussi économique et agricole (pas d’autonomie financière, produit - lait « bas-de-gamme » - à faible valeur ajoutée, etc.)

Dans ce contexte, la CPEPESC émet un avis éminemment défavorable et demande à Madame la Préfète d’en faire de même en refusant d’octroyer l’enregistrement au titre des ICPE au GAEC ADAM ainsi que de prendre acte que les travaux d’implantation des nouveaux bâtiments ont commencé sans que l’exploitant n’ait attendu le résultat de l’examen administratif de sa demande d’enregistrement.