Y’en a marre de l’ignorance qui remblaie les mares !



Aujourd’hui encore, les mares jouissent d’une mauvaise réputation. Comblées par ignorance ou le plus souvent par malveillance, elles sont ensevelies sous des tonnes de gravats ou servent plus simplement de dépotoirs.

Et pourtant, si elles ne font pas l’objet d’une protection réglementaire spécifique, elles n’en sont pas moins protégées grâce au cortège d’amphibiens qu’elles abritent. Citons en guise d’exemple les quatre espèces de tritons - dont le rare Triton crêté Triturus cristatus - qui affectionnent ces petits trous d’eau pour accomplir leur cycle de reproduction.

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En effet, depuis 2 ans, un arrêté ministériel fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur l’ensemble du territoire français (arrêté ministériel du 16 décembre 2004 modifiant l’arrêté du 22 juillet 1993) protège désormais l’espèce et l’habitat qui l’héberge :

Article 1. - « Sont interdits sur tout le territoire métropolitain et en tout temps la destruction, l’altération ou la dégradation du milieu particulier des amphibiens et des reptiles suivants,(la liste figure à la suite)la destruction ou l’enlèvement des oeufs ou des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d’individus de ces espèces ou, qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat. »

Pourquoi faut-il protéger les mares ?

Leur protection devient hyper urgente : 90% des mares ont disparu au siècle dernier ! La généralisation de la distribution publique d’eau leur a fait perdre leurs utilités fonctionnelles de point d’eau pour les hommes et d’abreuvoirs pour le bétail.

En ne voyant pas plus loin que le bout de son nez, la mare est devenue inutile…. face à un « beau » parking bitumé pour un décideur qui veut laisser une trace indéfectible de son passage… ou encore face à l’agriculteur productiviste voulant déclarer quelques dizaines de m2 de maïs en plus !!

En général, les gens un peu sensibles au paysage et au patrimoine ressentent instinctivement que ces petites étendues d’eau stagnantes constituent des éléments importants souvent essentiels disséminés dans une nature et un paysage de plus en plus appauvris et uniformisés par l’agriculture industrielle, l’urbanisation délirante ou les infrastructures de transport…

En y regardant encore plus près, car la vie s’organisait souvent autour des mares, il est visible que beaucoup de mares sont le fruit d’aménagements utilitaires anciens, vestiges historiques en péril… quoique encore fonctionnels !

Un rôle local de mini conservatoires

Aujourd’hui, si la population devine aisément que les mares servent toujours de point d’eau- abreuvoir aux animaux, qu’ils soient sauvages ou domestiques, elle ignore généralement qu’elles renferment souvent une grande richesse biologique faunistique - mais aussi floristique - jouant un rôle local de mini conservatoires des espèces protégées.

Il est impératif aujourd’hui de stopper la disparition progressive des mares…


La destruction volontaire des " milieux particuliers" d’espèces protégées - et ou vivent des amphibiens et des reptiles protégés est en infraction avec les articles L.411-1 et L.411-2 du Code de l’Environnement et de l’arrêté ministériel du 22 juillet 1993 (modifié) fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur l’ensemble du territoire.

Elle constitue un délit prévu et sanctionné par l’article L.415-3 de ce même Code.



  • Arrêté ministériel du 22 juillet 1993 (modifié) fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés

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