Un projet routier menace de passer au milieu de territoires de chasse de colonies de mise bas de Petits rhinolophes (espèce de chauve-souris) en Loir-et-Cher


Après consultation d’associations locales de protection de l’environnement et des chiroptérologues bénévoles, la CPEPESC est intervenue lors de l’enquête d’utilité publique auprès de la Commission d’Enquête (14 février 2007) en donnant un avis défavorable à ce projet de déviation en raison de l’insuffisance d’étude d’impact et des conséquences que pourrait avoir cette infrastructure sur une faune rare et menacée à l’échelle européenne.
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Dessin : Dominique Pain

En effet, le secteur des communes de Cellettes, Tour en Sologne et Cheverny est une zone d’intérêt pour une population de Petit rhinolophe, espèce reconnue au niveau international (annexe II de la Directive Habitat Faune Flore) avec 25% des effectifs connus de l’espèce pour le département du Loir-et-Cher.

Les tracés n° 3 & n°4 traversent donc les territoires de chasse des différentes colonies du Petit rhinolophe autour des cours d’eau du Conon et du Beuvron. L’impact de cette création d’une voie routière au cœur de cette méta-population affectera donc la survie de cette espèce, rare et menacée à l’échelon européen. Le projet d’aménagement entraînera des modifications paysagères tout d’abord la disparition définitive d’environ une quinzaine d’hectares de milieux naturels autour des colonies de mise bas et à une banalisation des milieux due aux remembrements et autres aménagements fonciers inhérents. Toutes ces modifications induiront une baisse de la ressource alimentaire à proximité des différentes colonies de mise bas entraînant des déplacements supplémentaires pour les adultes et les jeunes afin de s’alimenter. L’éloignement progressif des individus pourrait entraîner à terme une baisse des effectifs dans la colonie.

Enfin, cette nouvelle voie routière dans ce secteur pourra entraîner une sur-mortalité d’individus très sensibles à la traversée de milieux ouverts. En effet, cette espèce, lors de traversée de milieux ouverts, vole très bas (entre 1 et 3 m de hauteur) et pourrait donc être heurtée par des véhicules (camions ou voitures).

Or, malgré plusieurs mois de consultations préfectorales, le Préfet du Loir-et-Cher prenait le 28 décembre 2007 un arrêté préfectoral portant Déclaration d’Utilité Publique du projet de déviation de Cellettes.

Après examens et consultations entre différentes associations, 2 associations (Cellettes Environnement et la CPEPESC) et 9 propriétaires ont déposé 11 requêtes auprès du Tribunal Administratif d’Orléans pour demander l’annulation de cet arrêté préfectoral.

A suivre donc ...