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Stop au nettoyage de toiture qui « nettoie » la rivière !


Attention le nettoyage d’une toiture de ses mousses et lichens à l’aide d’un produit chimique peut être très dangereux pour l’environnement. Les produits fongicides, algicides, bactéricides, utilisés pour nettoyer les toitures (y compris l’eau de javel) sont tous toxiques pour les êtres vivants.

En effet l’évacuation des eaux pluviales des toiture s’effectue généralement dans l’environnement sans traitement, soit directement, soit par l’intermédiaire de le conduite « eaux pluviales » du réseau d’assainissement.


Ainsi, les produits vaporisés sur les toitures peuvent se retrouver à la première averse dans la rivière pour intoxiquer les poissons, la microfaune et certains végétaux aquatiques. La mortalité piscicole peut être totale. Il s’agit d’une grave pollution qui engage la responsabilité civile et pénale du (des) responsable(s) des faits.

Et si vous récupérez l’eau de votre toiture, (usage domestique, jardin, bassin d’ornement ou à poissons, etc.. ) les conséquences peuvent être encore plus directes.

Est-ce vraiment bien utile de nettoyer une toiture ?

Il s’agit uniquement d’un problème d’ordre esthétique et d’apparence

Il est faux de prétendre que la présence de mousse ou de lichen sur les tuiles d’un toit les rende poreuses !

Ces végétaux se nourrissent à partir des éléments (poussières , etc..) qui se sont déposés sur les toitures et ont été apportés par les vents ou les pluies. Le développement des mousses semble favorisé sur les faces nord des toitures, par la faible pente, l’ombrage, la proximité des branches d’arbres et les feuilles mortes.

Faire un geste pour la nature : ne faites rien et économisez votre argent !

Vous désirez malgré tout « émousser : Ne faites pas appel à un « empoisonneur » !!

Même si certains produits commercialisés sont réputés biodégradables à plus de 90 %, outre la part non dégradée restante, le temps nécessaire à cette biodégradation est beaucoup trop long pour protéger le milieu récepteur naturel des eaux d’un écoulement immédiat.

Il n’existe en effet aucun solution respectueuse de l’environnement à part la brosse et le jet d’eau moyenne pression pour ne pas abîmer les tuiles.

Refusez toute intervention de « démousseurs » faisant du porte à porte, surtout chez les personnes âgées, pour proposer à faible coût un produit miracle et leurs services le plus souvent « au noir ».

Le résultat risque d’être catastrophique et vous engagez votre responsabilité. Quelques mg de biocide par litre d’eau dans la rivière suffisent à en décimer la vie.

Faites appel à un professionnel ayant pignon sur rue (plombier, couvreur,…) et surtout demander lui au préalable un devis en bonne et due forme en lui demandant d’y joindre la fiche technique du produit ou au minimum, sa marque et son % de biodégradabilité. (Il convient aussi de ne pas polluer votre environnement).

Il faut en effet utiliser un produit spécifique non rémanent avec une biodégradabilité maximum certifiée (supérieure à 90%…)

Il faut aussi avec le professionnel se poser la question de la destination des eaux de la première pluie qui sera obligatoirement marquée d’un pic de pollution toxique. (On peut par exemple déconnecter chaque descente de gouttière pour récupérer dans un fût de 200 l. la première onde de pluie et laisser ensuite la biodégradabilité s’effectuer le plus longtemps possible).

La mauvaise solution du fil de cuivre

Pour empêcher la formation de mousses en de lichens sur un toit certains préconisent d’y placer longitudinalement un fil de cuivre sur le faîtage. L’eau de pluie naturellement acide se charge de traces de cuivre qui ont un effet biocide pour les mousses mais aussi …pour les plantes et les petits animaux du jardin, les grenouilles... ! (C’est d’ailleurs pourquoi il est déconseillé de placer de la plomberie en cuivre peu écologique).

La présence de cuivre dans les eaux de toiture a aussi l’inconvénient majeur d’attaquer la zinguerie !


NB : De telles pollutions de rivières avec mortalité de poissons et provenant de « démoussage » de toitures, ont par exemple déjà été signalées, en août 2004 sur le Drigeon à GONDENANS-LES-MOULINS (25), en 2005 dans les Vosges, en 2006, sur le ruisseau de la Barbèche qui se jette dans le Doubs à Villars-sous-Dampjoux (25), en avril 2008 à COLOMBIER-FONTAINE (25)

N’hésitez à nous faire connaître les cas de pollution de ce genre et dont vous auriez pu avoir connaissance.