Sites nucléaires : Un premier bilan du marquage radiologique des nappes phréatiques et des cours d’eau



A la suite du déversement dans l’environnement d’uranium, le 7 juillet 2008, par l’usine SOCATRI du Tricastin, le ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable etc… a saisi le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) afin de recueillir son avis sur le suivi radio-écologique de l’ensemble des sites nucléaires et sur la gestion des anciens sites d’entreposage de déchets radioactifs.

Dans ce cadre, le HCTISN a demandé à l’IRSN un bilan de la surveillance et de la qualité des eaux, souterraines et superficielles, à proximité des sites nucléaires, et plus particulièrement :

- l’état de la surveillance des milieux et de leur qualité, et la diffusion de ces informations auprès du public ;
- l’identification des nappes ou cours d’eau qui présenteraient un marquage radiologique ou chimique ;
- le lien de ces éléments avec le futur réseau national de la mesure de la radioactivité de l’environnement.

Ce rapport « Etat de la surveillance environnementale et bilan du marquage des nappes phréatiques et des cours d’eau autour des sites nucléaires et des entreposages anciens de déchets radioactifs » est accessible depuis peu sur le site de l’IRSN à la page :

http://www.irsn.org/index.php ?module=news&action=getNews&mode=home&news_type=0&news_id=1707&lgcode=FR.

En ce qui concerne les anciens entreposages de déchets radioactifs, dont « presque tous été créés dans les années cinquante et soixante », le rapport pointe que « dans pratiquement tous les cas, ils ne présentent pas un confinement des matières suffisant et sont à l’origine de contaminations du sous-sol proche, voire des nappes phréatiques sous-jacentes ». (page 43 du rapport).

La rapport présente les mécanismes de pollution des eaux, tant superficielles que souterraines. Ainsi à titre d’exemple, pour le site de Valduc (21) - où l’on construit les bombes atomiques ! - ce rapport précise au regard des eaux :

* « Les eaux de surface sont marquées par le tritium dans un rayon de 15 km autour du site de Valduc, a des niveaux compris entre quelques dizaines et 300 Bq/L sur la période 2004-2007. Ces marquages ont pour principale origine les rejets gazeux du site (rejet annuel moyen de 300 TBq). Les activités volumiques du tritium mesurées dans les eaux de surface ont diminue d’un facteur 3 a 4 au cours de la dernière décennie, en relation avec la réduction des rejets de ce site ». (page 26 du rapport)

* « Site de Valduc. Les prélèvements effectues dans les eaux de nappes en dehors du perimetre de l’INBS montrent une contamination par le tritium supérieure a 100 Bq/L. Celle-ci a cependant diminue d’environ un facteur trois en dix ans. Des prélèvements d’eaux de résurgence des nappes effectues jusqu’à 10 km du site, présentent des valeurs significatives d’activité en tritium en plusieurs points.(valeur maximale de l’ordre de 60 Bq/L observée a la source Pregelan à Salives). La contamination de ces nappes est certainement du a des infiltrations d’eau de pluie marquée par du tritium. (page 33 du rapport)

Enfin, la plus grande partie du rapport, présente à partir de la page 47, des fiches pour chaque installation nucléaire de base (INB) décrivant le site, précisant les radionucléides présents, les rejets, les déchets éventuellement stockés, les incidents.

En résumé, enfin un premier effort public d’inventaire et de transparence.