SANS PRECEDENT : LA BROMADIOLONE DE NOUVEAU CONTESTEE ET DES AGRICULTEURS MIS EN DEFAUT !



Le 7 avril dernier, le tribunal administratif de Besançon a annulé sur le fond un arrêté préfectoral du 26 novembre 2003 autorisant les agriculteurs de trois communes du Jura (Billecul, La Favière et Rix-Trébief) à organiser des traitements chimiques à base de bromadiolone contre le Campagnol terrestre.

Si le tribunal a bien reconnu que la préfecture n’avait pas pris les précautions nécessaires visant à limiter autant que possible les effets de ce produit toxique et qu’elle n’avait ainsi pas mesuré les graves dangers que l’usage de la bromadiolone représentaient pour la faune sauvage, notamment les prédateurs naturels du campagnol, il a également précisé que les circonstances qui ont motivé la prise de l’arrêté contesté provenaient pour l’essentiel de l’absence de mise en œuvre d’une lutte préventive contre le campagnol.

Depuis le lancement du plan d’actions campagnol (2000-2006), l’accent a été mis sur la réalisation de traitements très en amont des pullulations de ce rongeur afin, d’une part de « maîtriser » leur démographie, et d’autre part de limiter les effets sur la faune sauvage.

Les risques d’intoxication de la faune non-cible sont d’autant plus élevés que les parcelles sont infestées par les campagnols terrestres, ceux-ci constituant autant de proies faciles pour les prédateurs qui se concentrent en grand nombre autour des parcelles traitées.

C’est déjà ce qu’évoquait un article publié dans le Courrier de l’environnement de l’INRA en mars 1999 : « On peut supposer que l’importance de cet empoisonnement secondaire est d’autant plus grande que les densités de population de campagnols sont élevées ».

C’est ce qui a incité les autorités, suite à la très forte mortalité de 1998 consécutive à des traitements à haute densité sur de vastes échelles, à recourir à des traitements précoces lorsque les populations sont encore numériquement faibles.

Le tribunal reconnaît ainsi que les agriculteurs, adhérents au groupement de défense contre les organismes nuisibles de Nozeroy-les-Planches, n’ont toujours pas pris conscience des enjeux et ne sont encore pas prêts à satisfaire aux évolutions sociétales. Le chemin est encore long avant l’abandon de ce toxique très puissant et non sélectif !

(Communiqué de presse de la cpepesc du 25 avril 2005)