Retombées de Fukushima au Conseil Régional de Franche-Comté qui réclame (timidement) la fermeture de la vieille centrale atomique de Fessenheim.



Le Conseil Régional de Franche-Comté a adopté le 25 mars 2011 en assemblée plénière une motion pour demander la fermeture de la centrale de Fessenheim en Alsace (à 175 km de Besançon). Cette usine atomique, tout comme celle en ruines polluantes de Fukushima au Japon, a plus de 40ans ! Cette motion avait été proposée par le groupe Europe-Ecologie, les Verts.

Soumise au vote, la motion « Fermons Fessenheim maintenant » n’a pourtant recueilli que 9 voix « pour » (EELV et PS) et 4 voix « contre » (MRC et PS). Explications : Le reste des votants de l’assemblée s’est courageusement abstenu.

Voici le texte de cette motion.

« Fermons Fessenheim maintenant ! »

« Le peuple japonais est dans une terrible souffrance et son territoire restera meurtri et pollué pour des milliers d’années. En effet, la catastrophe nucléaire et la contamination radioactive sont venues s’ajouter aux drames d’un tremblement de terre et d’un tsunami générateurs à eux seuls de milliers de morts et de centaines de milliers de sans abris.

Aujourd’hui, notre devoir est double : exprimer notre solidarité sous toutes ses formes avec le peuple japonais confronté à ces drames, mais aussi tirer les premiers constats de la catastrophe nucléaire.

L’impact final de la catastrophe de Fukushima n’est pas encore connu ni sur le territoire japonais, ni sur l’ensemble de la planète, mais dès à présent nous devons avoir le souci constant que cela ne se reproduise plus.

Tout responsable concède aujourd’hui que le risque zéro n’existe pas, mais l’on sait également que l’accident nucléaire est largement plus dramatique qu’un accident industriel classique. Les causes des accidents les plus célèbres de Three Milles Island, Tchernobyl et Fukushima sont toutes différentes mais les conséquences sont les mêmes pour les deux dernières : des territoires voisins contaminés pour des centaines et milliers d’années et une dissémination planétaire de la radio activité.

C’est pourquoi, sans attendre le débat qui doit arriver sur la pertinence du maintien de l’industrie électronucléaire en France et sur les moyens possibles de s’en passer dans les années à venir, il convient en urgence de se poser la question du maintien en activité de la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus vieille centrale nationale située à quelques dizaines de kilomètre de notre territoire régional.

La centrale nucléaire de Fessenheim. {JPEG} Comme Fukushima, Fessenheim mise en service en 1970, a plus de 40 ans . Comme Fukushima, Fessenheim devrait cesser de fonctionner et les autorités nucléaires dérogent à cette fermeture.

Comme Fukushima, Fessenheim est située dans une zone d’activité sismique, en bordure du grand canal d’Alsace, entre Bâle et Strasbourg.

En 2000, un rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire indiquait que certaines fonctions de sauvegarde assurant le refroidissement du réacteur pourraient ne plus être assurées en cas de séisme. Malgré la vétusté des installations et les risques sismiques, EDF a demandé à prolonger l’exploitation de la centrale. Un grand nombre d’élus locaux et de citoyens s’y opposent.

C’est dans quelques semaines, au mois d’avril, que l’Autorité de Sûreté Nucléaire doit rendre son avis autorisant ou non une prolongation de l’exploitation du réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim pour dix ans supplémentaires.

Les promoteurs de la centrale de Fessenheim expliquent que cette dernière a été construite pour résister au risque sismique maximal constaté sur les 1000 dernières années, augmenté d’une marge de sécurité. C’est avec les mêmes arguments que les Japonais ont prolongé l’exploitation du réacteur de Fukushima. Le désastre japonais démontre qu’il n’est plus possible de raisonner ainsi.

De son coté, la région Franche-Comté, a anticipé depuis plusieurs années, dans le cadre de sa stratégie de réduction de la consommation énergétique et de ses politiques d’accompagnement à la maîtrise des consommations énergétiques (chèques solaires puis programme Effilogis, bâtiments à énergie positive, développement des TER, …). Elle commence à enregistrer l’effet de ces politiques et réaffirme la nécessité de les poursuivre et de les augmenter. La maison des énergies, outil majeur dans la prise en compte de l’efficacité énergétique, donnera à la Franche-Comté dès 2012, les moyens de ses ambitions.

Pour toutes ces raisons, et en préalable au prochain débat sur l’avenir de la filière électronucléaire française, le conseil régional de Franche-Comté demande la fermeture immédiate de la centrale nucléaire de Fessenheim.


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