Rapport de l’OCDE : une action plus efficace s’impose pour lutter contre la pollution agricole de l’eau



Les gouvernements des pays de l’OCDE n’ont dans l’ensemble guère progressé dans la réduction de la pollution de l’eau d’origine agricole au cours de ces dix dernières années, indique un nouveau rapport. Non seulement les concentrations de polluants demeurent élevées dans de nombreuses zones, mais les sources de contamination sont souvent dispersées sur de grandes étendues, de sorte qu’il est difficile de mesurer cette pollution et de la maîtriser.

Les actions menées dans les pays de l’OCDE pour lutter contre la pollution agricole de l’eau coûtent chaque année des milliards de dollars aux contribuables. Outre les dépenses engagées pour éliminer les polluants de l’eau potable et payer les exploitants agricoles afin de les aider, par exemple, à sécuriser le stockage des effluents d’élevage ou à créer des zones tampon, la contamination des cours d’eau, des lacs et des eaux côtières se révèle également coûteuse aussi bien pour la société que pour l’environnement.

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Selon ce rapport, Qualité de l’eau et agriculture : Un défi pour les politiques publiques les politiques suivies depuis de nombreuses années en vue d’aider les agriculteurs à lutter contre la pollution n’ont généralement pas permis de répondre aux objectifs de qualité de l’eau des pouvoirs publics. Des politiques plus efficaces sont nécessaires pour assurer une gestion durable de la qualité de l’eau en agriculture. Plusieurs recommandations sont formulées dans le rapport, notamment :

• faire respecter la réglementation et les normes de qualité de l’eau existantes ;

• supprimer les aides à l’agriculture liées à la production et aux intrants, pour atténuer la pression exercée sur les systèmes aquatiques ;

• recourir à des instruments d’action diversifiés ;

• adopter le principe pollueur-payeur de manière à réduire, si possible, la pollution de l’eau imputable à l’agriculture ;

• fixer des objectifs et normes de qualité de l’eau réalistes en agriculture ;

• améliorer le ciblage des mesures afin de toucher les zones où la pollution de l’eau est la plus grave ;

• évaluer le rapport coût-efficacité des options qui s’offrent aux pouvoirs publics pour améliorer la qualité de l’eau ;

• adopter une approche holistique de la lutte contre la pollution agricole ;

• mettre en place des systèmes d’information pour aider les agriculteurs, les responsables de la gestion de l’eau et les responsables de l’action publique.

Il est essentiel d’engager une action plus efficace, en particulier dans la mesure où l’expansion et l’intensification de la production prévues dans les années à venir accentueront encore les pressions exercées sur la qualité de l’eau dans de nombreuses régions. Le changement climatique devrait lui aussi compliquer la poursuite des objectifs visés en matière de qualité de l’eau.