Qu’est-ce que le « bassin versant » d’un cours d’eau ?*


C’est l’ensemble du territoire géographique dont toutes les eaux pluviales (impluvium) de ruissellement ou d’infiltration s’écoulent par gravité vers ce cours d’eau.

On parle aussi de bassin versant d’une source : c’est la zone de terrain dont les infiltrations constituent l’alimentation.


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Bassin versant d’une rivière.
Les limites géographiques du « bassin versant réel » d’une rivière diffèrent souvent de beaucoup par rapport aux lignes naturelles de « partage des eaux » observées dans le paysage : lignes de crête des reliefs montagneux séparant les versants des autres vallées (appelés parfois « bassin versant topographique »). En effet, le « bassin versant réel » prend en compte les eaux souterraines provenant des pluies qui s’infiltrent dans le sous-sol lorsqu’il est perméable.

Dans le langage courant, on parle souvent de « bassins versants principaux » pour les grands bassins versants (B.V.) des fleuves et de sous-bassins, voire de « sous sous bassins » pour les bassins versants des rivières et des ruisseaux.

En région calcaire, les réseaux souterrains complexes du karst vont souvent drainer des eaux dans des terrains situés à l’extérieur du « bassin versant topographique » apparent où sont situées leurs résurgences.

Le milieu souterrain constitue « une boîte noire » le plus souvent inaccessible et complexe (nappes d’eau interstitielles, rivières souterraines s’écoulant vers les vallées, fractures géologiques, couches imperméables...)

L’hydrogéologie est une science d’investigation qui a pour objet de définir le fonctionnement et les limites géographiques réelles d’un bassin versant souterrain, à partir d’observations de surface (structure des roches, infiltration et réapparition de l’eau...). Les géologues corroborent leurs résultats à l’aide d’expériences géophysiques, de forages de reconnaissance, et surtout d’expériences de traçage (colorant ou autre) des eaux d’infiltration, pour confirmer de façon indubitable le(s) point(s) de réapparition.

Dans les régions calcaires, la spéléologie a permis de reconnaître physiquement et de cartographier de très nombreux tronçons de ruisseaux souterrains (drains) dans les niveaux supérieurs du karst. Ils fonctionnent en « écoulement libre » au-dessus du « niveau de base » des résurgences.

Par contre, la reconnaissance des conduits du karst noyé des systèmes vauclusiens, par plongée souterraine, reste du domaine de l’exceptionnel. Les aquifères profonds, qui renferment l’essentiel des ressources en eau (réseau de fentes) du karst, restent mal connus.

Il faut avoir conscience que le « bassin versant » n’existe que par l’eau : c’est l’érosion qui façonne depuis longtemps les paysages, qui organise les chenaux d’écoulement de surface et souterrains, ainsi que leur fonctionnement. Cette action des eaux se poursuit constamment. L’absence de couverture végétale favorise cette érosion.

Le fonctionnement hydraulique dépend de la pluviométrie, mais aussi de la nature des sols, de l’occupation spatiale du bassin versant : forêts, prairies, zones humides... et activités humaines qui peuvent ralentir ou accélérer les écoulements, mais aussi l’évapotranspiration (évaporation et transpiration des plantes).

La délimitation d’un bassin versant est très importante pour calculer le volume d’eau pluviale qu’il reçoit et conserve pour l’alimentation des rivières et des nappes souterraines. Il est intéressant de savoir dresser un bilan hydrique sommaire annuel (apport - pertes) pour un petit bassin versant.

Exemple :

Hauteur de pluie annuelle moyenne (selon météo locale) : 1,20m. Evapotranspiration (environ 60% en France) 1,2 x 60% = 0,72m. Hauteur d’eau restant au sol : 1,20 - 0,72 = 0,48m.

Soit pour une surface de bassin versant de 30 km2, un volume d’eau reçu pour alimenter les rivières et les nappes souterraines de :

0,48 m x 30km2 = 14 400 000 m3

Chaque bassin versant possède un fonctionnement spécifique qui doit être reconnu par les habitants et pris en compte par les pouvoirs publics pour assurer une gestion adaptée et durable des eaux et de l’environnement.


Beaucoup d’activités anthropiques peuvent avoir un impact direct sur le fonctionnement du bassin versant, lié à l’écoulement de l’eau : grands travaux, barrages, rectifications des cours d’eau, assèchements, drainages, comblements de zones humides, remblaiements ou urbanisations de zones inondables, imperméabilisations excessives des zones urbaines, collectes et concentrations des eaux pluviales favorisant l’écoulement au détriment de l’infiltration et de l’évaporation, déboisements de grandes surfaces, remembrements agricoles...

Les conséquences les plus voyantes sont :

- l’aggravation de la brutalité et de l’intensité des crues et des inondations,

- la réduction des bas débits d’étiage des rivières durant la période sèche,

- une moindre capacité de ré-alimentation des nappes souterraines

La qualité des eaux est également menacée par les activités humaines, qui accélèrent le ruissellement à la surface du sol au détriment de l’infiltration diffuse dans le tapis végétal et l’humus propice à la fixation et à l’auto épuration des substances et autres particules indésirables dans les rivières ou les nappes phréatiques.

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