Protestations contre l’arrestation du porte-parole du réseau Sortir du Nucléaire, Stéphane LHOMME.


A la suite à l’arrestation et de la garde à vue du porte-parole du réseau Sortir du Nucléaire, Stéphane LHOMME par la section anti-terroriste du Parquet de Paris, les réactions sont nombreuses et démontrent que l¹industrie nucléaire est dirigées contre les libertés publiques du droit à la connaissance et à l’information.

Stéphane LHOMME serait soupçonné de détenir un document sur le réseau nucléaire EDF !


de vives réactions

Le 17 mai 2006 de France Nature Environnement au nom des associations de protection de l’environnement a diffusé le communiqué suivant :

Garde à vue du porte parole du Réseau « Sortir du nucléaire » : l¹industrie nucléaire contre les libertés publiques.

C’est avec soulagement que France Nature Environnement, fédération française des associations de protection de la nature et de l¹environnement, prend acte de la fin de la garde à vue du porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire », pour le motif de violation du secret défense.

Rien à cette heure ne peut justifier cette garde à vue de Stéphane Lhomme etla perquisition de son domicile : l’infraction qui lui est reprochée (la publication d¹une note sur la sécurité du futur réacteur nucléaire EPR) était connue de tous depuis de nombreux mois.

En effet, à l’occasion du débat public organisé l’année dernière par la Commission Nationale du Débat Public, les documents en cause avaient été largement diffusés à la presse dans le but d’informer les citoyens sur les risques que présente l’EPR (projet de nouveau réacteur nucléaire à Flamanville, dans la Manche).

L’association à laquelle appartient Stéphane Lhomme - association agréée par le Ministre de l’environnement - n’a fait que son devoir : informer le public des risques que représente ce projet et l’industrie du nucléaire.

La vraie menace pour la sécurité de notre pays, ce n¹est pas le militantisme écologiste : c¹est le manque de transparence et le pouvoir d¹influence de l¹industrie nucléaire en France depuis 40 ans.

France Nature Environnement attend du gouvernement de s¹expliquer sur les motifs exacts de la garde à vue de Stéphane Lhomme dont tous les militants associatifs sont solidaires. France Nature Environnement continuera de combattre de toutes ses forces contre le projet du réacteur nucléaire EPR dont la procédure d¹autorisation a été lancée ce lundi 15 mai par le Premier ministre.

d’autres réactions

Le 16 mai 2006, les Verts, qui avaient demandé la remise en liberté immédiate de Stéphane Lhomme, ont réaffirmé :

« leur totale solidarité avec son combat. Le motif de sa garde-à-vue est à la fois invraisemblable et très significatif. Invraisemblable car le document classé dont il est question a été rendu largement public, et que c¹est sa dissimulation qui est un scandale.

Significatif car après une escroquerie de débat public sur l¹EPR, le premier ministre vient de demander au préfet de précipiter l¹ouverture de l¹enquête publique alors même que l¹on refuse aux citoyens la connaissance de l¹intégralité des risques que l¹on va leur faire courir.

D’où vient ce coup bas d’intimidation porté au réseau « Sortir du nucléaire » ?

Certains veulent y voir le succès de la manifestation internationale de Cherbourg, qui a rassemblé le 15 avril 30 000 personnes contre l¹EPR.

En voulant à tout prix criminaliser les légitimes revendications et droit à l’information des anti-nucléaires, le lobby pro nucléaire démontre que cette activité est dangereuse est également liberticide.

Pour la Ligue des droits de l¹homme, la justice antiterroriste est « chargée de museler le débat sur le nucléaire…. »

Pour le Parti socialiste français, « le document, dont la publication semble avoir motivé cette procédure, est connu de longue date et s’étonne donc de la coïncidence entre cette démonstration de force et les interrogations croissantes que suscite la décision de construire l’EPR.

C’est d’autant plus troublant au lendemain de l’annonce par le Premier ministre du lancement de l’enquête publique avant l’été et au moment même où l’on prétend discuter d’un projet de loi sur la transparence nucléaire.

Ces procédés confirment malheureusement la volonté d’opacité du gouvernement en matière nucléaire, que nous avions dénoncé à maintes reprises, notamment lors de la publication de l’arrêté du 24 juillet 2003 classant "secret-défense" toute information relative aux matières nucléaires et lors de la présentation du projet de loi.

Le Parti socialiste condamne fermement cette régression de près de dix ans dans la marche vers plus de transparence en matière de nucléaire, indigne d’une grande démocratie comme la France ».