Prélèvements excessifs dans les nappes liées aux cours d’eau.



Les pompages de grandes quantités d’eau effectués par des puits et forages dans certaines nappes d’eau souterraines en communication avec le cours d’eau peuvent affecter le débit, voire l’assécher en période de basses eaux.

On distingue grossièrement deux sortes de problèmes :

- Cas d’une nappe souterraine d’accompagnement de cours d’eau.

Il s’agit d’une nappe de fond de vallée, constituée d’alluvions (sables et graviers) dont les eaux emplissent les interstices.

Cette nappe s’écoule souterrainement en descendant la vallée, mais beaucoup plus lentement que la rivière. (quelques mètres par jour).

En règle générale, une telle nappe est alimentée à la fois par les écoulements souterrains provenant de l’amont de la nappe mais aussi par les infiltrations des deux versants de la vallée.

En général le niveau des eaux d’une nappe de vallée est en général légèrement supérieur à celui de la surface de la rivière. La nappe apporte donc de l’eau à la rivière de façon diffuse par percolation au niveau de ses rives On dit que la nappe "porte la rivière".

Si un pompage excessif est effectué dans cette nappe, il fera baissé le niveau d’eau de la nappe en dessous de celui de la rivière en y provoquant des infiltrations vers la nappe. Cette perte peut être totale (assèchement du lit) !

La législation sur les pompages est très imparfaite et c’est l’anarchie totale pour les pompages temporaires agricoles estivaux... ! ( Il faut souligner que l’eau des arrosages agricoles, évaporée ou consommée par les plantes, est définitivement perdue pour la nappe et la rivière).

- Cas d’une nappe souterraine alimentant une source de cours d’eau.

Une source peut être alimentées par un aquifère souterrain dont elles constituent l’exutoire. (le déversoir).

Dans ce cas, il s’agit le plus souvent d’une nappe établie dans une formation rocheuse fracturée ou fissurée dont les eaux d’infiltration de la surface emplissent les vides .

Une telle nappe est alimentée par les infiltrations météorologiques provenant de la surface du sol.

Un prélèvement excessif effectué par forage dans cette nappe, la fera baisser et réduira d’autant le débit de sources qu’elle peut alimenter.

La baisse du débit d’une source ne peut qu’affecter celui de la rivière qui s’en écoule.

Tout pompage dans une nappe alimentant des sources, devrait être limité pour conserver à la source, surtout en période de sécheresse, le débit minimum nécessaire à la vie aquatique et aux usages.

La réglementation des prélèvements d’eau est actuellement très laxiste.


Dans le contexte du réchauffement climatique et des menaces de pénuries d’eau en été, il serait de plus en nécessaire d’exiger des pouvoirs publics la mise enfin en œuvre d’une gestion sérieuse des eaux souterraines, qui devrait en premier lieu éviter leur surexploitation.

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