Préfet mis en examen dans l’affaire de la dioxine de l’usine d’incinération des déchets d’Albertville à Gilly-sur-Isère (73)



L’affaire de la dioxine de l’incinérateur situé à Gilly-sur-Isère vient de connaître une nouvelle péripétie avec l’inculpation annoncée d’un ancien préfet de l’Isère jusqu’en 1996, Monsieur François Leonelli, par la juge d’instruction Hélène Lastera.

Cette magistrat, le « système hiérarchique judiciaire » aurait bien voulu la délocaliser en cette fin d’année, même si elle n’était en charge du dossier que depuis 2003. Mais il faut compter avec l’opinion publique : cela aurait fait désordre alors que beaucoup de « voisins » de l’ancienne installation sont atteints de tumeurs.

Cette juge, depuis son arrivée, n’a pas chômé, puisqu’elle a remonté toute la hiérarchie des responsabilités pour y trouver semble t-il suffisamment d’éléments à charge pour mettre en examen des responsables de Novergie (filiale de la Lyonnaise des Eaux chargée du fonctionnement de l’incinérateur), le président du syndicat des ordures ménagère, Monsieur Albert Gibello (qui est aussi le maire d’Albertville), l’inspecteur des installations classées de la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE) chargé de surveiller cette installation au titre de la police industrielle environnementale.

C’est donc logiquement que les préfets de l’époque soient eux aussi visés par l’enquête. Le préfet du département est en effet, de par la loi, responsable de la mise en œuvre de la police spéciale des installations classées. Cette législation lui offre d’ailleurs des moyens très coercitifs pour exiger le respect des lois et des normes. Ce préfet a attendu jusqu’en 2001 pour ordonner la fermeture de l’usine d’incinération !

Faits révélateurs :

- Sur un document de la Drire, il était écrit : "Mise en conformité de décembre 1995 : non faite. Date prévue : 2002 ?"
- Presque 7 mille vaches contaminées ont été abattues et des millions de litres de lait détruits.

Pourquoi a-t-on laissé pendant 20 ans cet incinérateur rejeter jusqu’en 2001 des taux de dioxine qui pulvérisaient les normes autorisées ? Pourquoi a-t-il fallu attendre que la grande multiplication des cancers devienne scandaleuse, dans un environnement pollué sur des kilomètres à la ronde, pour que le four soit enfin fermé en urgence en 2001 ?


Complément d’informations ultérieures (2010) :

- En 2010, seuls des agents de l’entreprise Novergie qui faisait fonctionner l’incinérateur, sont renvoyés devant la justice... On croit rêver !

- A ce sujet on lira utilement l’article « Fiasco judiciaire annoncé dans l’affaire de la dioxine » sur le site LYON CAPITALE, lien :http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Environnement/Fiasco-judiciaire-annonce-dans-l-affaire-de-la-dioxine