PCB (Polychlorobiphényles) et cours d’eau



Interdits définitivement de commercialisation en 1987, les polychlorobiphényles (PCB), plus connus sous le nom commercial de pyralène (mais aussi sous d’autres appélations : asbestol, abuntol, arochlor, askarel, hydol, inerteen, therminol) sont des composés organochlorés. Ce sont des produits chimiques obtenus à partir du biphényle et du chlore qui ont l’aspect d’un liquide gras dégageant une très forte odeur aromatique caractéristique.

Les PCB, produit par l’industrie chimique à partir de 1930 désignent une famille de 209 composés organochlorés classés comme polluants organiques persistants (POPS).

Au niveau mondial, on estime que sur les 1200 millions de tonnes de PCB produites, dont 34 000 tonnes en France, et environ 400 millions ont été dispersées dans la nature.

Ils étaient utilisés comme isolants électriques notamment dans les transformateurs mais aussi de liquide caloporteurs, de lubrifiants. Ils entraient aussi dans la composition des peintures, des encres, des huiles de coupe industrielles utilisées pour le travail des métaux.

Sur les 34 000 millions de tonnes de PCB produites en France (1200 millions au niveau modial), près de 500 millions seraient aujourdhui dans la nature !

Si l’absorption des PCB n’aurait pas d’effets toxiques directs, il est prouvé qu’ils affectent chez l’homme le système immunitaire et provoquent la stérilité.

Ils sont insolubles dans l’eau et s’accumulent donc dans les sédiments et les vases des fonds des cours d’eau en aval des points où ils ont été rejetés dans les eaux.

Leurs origines : rejets industriels, vidanges sauvages de vieux transformateurs, décharges sauvages,...

Lors des crues, les sédiments chargés de PCB peuvent être entraînés sur de grandes distances. Ces composés qui, il faut le souligner ne sont que très peu biodégradables, entrent dans la chaîne alimentaire et se concentrent dans les graisses des poissons.

Selon l’administration des analyses de chaires de poissons effectuées, vont aujourd’hui jusqu’à dépasser 7 fois la norme actuelle fixée par l’ l’Union européenne : Des analyses réalisées sur 6 espèces de poissons, à raison de 5 prélèvements par espèces, ont mis en évidence une contamination par les PCB (polychlorobiphényls) de l’ordre de 15 à 59 pg/g (picogrammes/gramme) de poissons du Rhône. Il est rappelé que l’union européenne, a adopté la norme recommandée par l’OMS qui fixe à 8 pg/g la concentration admissible en dioxine et PCB dans les poissons destinés à la consommation humaine ».

Pour un homme manger 100 grammes d’un des poissons les plus contaminés, soit 59 pg/g, ce serait ingérer plus de 40 fois la dose acceptable quotidiennement.

Mais l’administration a rappelé que l’on pouvait toujours pêcher si on ne consommait pas le poisson !

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Le Plan national d’action sur les P.C.B.

Ce plan est accessible sur : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Plan_actions_PCB_Details_cle578f3f.pdf

Appareils et déchets contenant du PCB

Voir la fiche sur le PCB sur le site de l’ADEME qui liste les appareils contenant ou pouvant contenir du PCB : http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow ?catid=14519

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PCB : Une étude nationale est en cours (jusqu’en 2011) pour mesurer l’imprégnation des consommateurs réguliers de poissons de rivières.

L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) en collaboration avec l’Institut de veille sanitaire (InVS) a été chargée par l’Etat de réaliser une étude nationale sur l’exposition et l’imprégnation par les PCB des consommateurs adultes de poissons de rivière, principalement les pêcheurs et leurs conjoints.

L’étude concernera 900 personnes est sera réalisée sur 6 sites répartis sur le territoire français : ’« la Somme (portion en aval de St Quentin), le Rhône et affluents (secteur situé entre le barrage de Sault-Brénaz et le confluent avec l’Isère), la Moselle (portion sur le département de la Moselle), le Rhin et ses affluents (secteur sur la région Alsace) et la Seine (sur les départements du Val-d’Oise, de l’Eure et de la Seine-Maritime).

Deux sites témoins, non contaminés, ont également été choisis afin de servir de point de comparaison : la Loire et affluents (sur les départements de la Nièvre, du Loir-et-Cher et du Maine-et-Loire) et la Garonne (partie traversant les départements du Tarn-et-Garonne et du Lot-et-Garonne) avec son affluent l’Ariège dans le département de l’Ariège et le Tarn dans le département du Tarn et Garonne ».

Pour en savoir plus : http://www.invs.sante.fr/display/ ?doc=surveillance/pcb/impregnation_pcb.html


NB : Lorsque confondus avec des huiles par des récupérteurs, les PCB sont brûlés, il peut y avoir dégagement de dioxines, éléments extrêmement dangereux pour les être vivants.