Pollutions toxiques en tous genres de METAL BLANC (Ardennes) : la CPE partie civile.



A Bourg Fidèle dans les Ardennes, l’Usine Métal Blanc "recycle" depuis plus d’un quart de siècle des déchets industriels et surtout des batteries usagées.

Curieux recyclage, il s’accompagnait d’une dispersion dans l’environnement de métaux lourds extrêmement toxiques, notamment plomb, cadmium, arsenic, dans le sol, les eaux, les animaux, les humains avec en premier lieu des enfants maintenant atteints de saturnisme.

Il est aujourd’hui interdit de pêcher dans La Murée, rivière qui passe à Bourg Fidèle, mesure dérisoire puisqu’elle ne contient plus un seul poisson jusqu’à son confluent avec la Meuse. Les eaux de la nappe souterraine renferment également des métaux toxiques.

En juillet 1999, constatant le fonctionnement illégal et l’absence de mise aux normes de cette usine, une juge d’instruction ordonnait sa fermeture. La juge sera affectée ensuite en Guyane, ce qui arrange les affaires de l’entreprise et de l’administration. L’usine pas plus aux normes qu’avant, rouvrira ses portes !

Après des cascades de plaintes et surtout, grâce à la ténacité de l’association locale de protection de l’environnement de Bourg Fidèle, avec laquelle la CPE a travaillé le sujet, l’affaire arrive enfin ce jour devant le Tribunal correctionnel de Charleville Mézières.

Le PDG est décédé depuis échappant ainsi probablement à la prison. C’est son fils qui a repris le flambeau en cherchant à minimiser la responsabilité pénale et civile de l’entreprise, renouvelant les promesses d’une mise aux normes...

Cette affaire illustre également le laxisme de l’administration qui n’a pas fait respecter la réglementation. La seule mesure de protection de la population prise avant fin 1998 était un simple arrêté du maire de la commune pour interdir aux enfants de jouer dans l’aire de jeux voisine de l’usine et aux habitants de consommer les légumes de leurs jardins !

Des parties civiles se sont étonnées que ne soient pas aussi convoqués à la barre certains fonctionnaires : le Préfet, la DRIRE (police industrielle !) , la DDASS (police sanitaire !). Pourtant permettre de continuer à laisser empoisonner l’environnement et même des enfants n’est-ce pas plus répréhensible que d’ordonner l’incendie d’une paillote corse ?

Le procureur de la République a demandé une amende de 150.000 euros assortie d’ surveillance judiciaire des rejets de l’usine pendant 5 ans. Le jugement mis en délibéré sera rendu le 25 avril.