Pollutions et mortalités piscicoles dans la Loue et autres cours d’eau comtois : La CPEPESC réclame des analyses en continu, infiniment plus représentatives que les prélèvements ponctuels.



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Pour lutter efficacement contre les pollutions des rivières et pouvoir fonder de vrais diagnostics, le 21 octobre 2010, la CPEPESC a formulé auprès des autorités une importante proposition dans une lettre dont voici le texte :

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Monsieur le Directeur de l’Agence de l’Eau R M&C

Monsieur le Préfet de la Région Franche-Comté

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Dossier : Mortalités piscicoles dans la Loue et les autres cours d’eau franc-comtois.

Objet : Proposition de la Commission de Protection des Eaux

A la suite des graves problèmes de cyanobactéries et de mortalité piscicole qui ont affecté récemment la Loue et d’autres rivières comtoises, un défi est maintenant posé : comment sauver nos rivières et empêcher le retour de tels événements ?

Après une période de recherches et de réflexions, la Commission de Protection des Eaux (CPEPESC) souhaite faire une proposition constructive pour faire évoluer ce dossier.

A l’heure actuelle, on ne peut que déplorer qu’il reste absolument impossible au regard des analyses d’eaux de la rivière disponibles, d’étayer un diagnostic technique fiable et scientifiquement fondé sur l’origine des problèmes. On en reste aux hypothèses. Il est donc très difficile de mettre en œuvre une stratégie efficace pour solutionner le problème.

Des analyses très complètes mais isolées dans le temps.

En effet, le réseau officiel de mesures ne dispose que de rares analyses, certes très complètes en paramètres, mais ponctuelles et isolées dans le temps. Elles ne donnent qu’une « image » de la qualité physico chimique de l’eau de la rivière à un instant T et à un endroit pas forcément représentatif. Par exemple, le point de prélèvement du pont de Mouthier-Hte-Pierre, unique site de référence pour la Loue est situé à 4km de la source pour une rivière au linéaire de 126 km.

Or les paramètres physicochimiques de nos rivières sont extrêmement variables ; ils sont liés en grande partie aux fluctuations hydrauliques brutales et variées de leur régime d’alimentation karstique, très réactif aux événements pluviométriques des bassins versants. Ils varient également en fonction des événements, des activités et des rejets effectués sur les mêmes bassins versants.

Tout cela n’est pas « retracé » dans les analyses ponctuelles périodiques pratiquées actuellement et qui se révèlent donc d’un intérêt exploratoire très limité.

Pour combler cette lacune, il existe aujourd’hui des outils et des techniques d’analyse des eaux beaucoup plus modernes : des appareils d’analyse et d’enregistrement en continu permettraient d’obtenir une connaissance dynamique optimum de « ce qui se passe » dans la rivière.

Cellules mobiles d’analyse en continu.

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Après avoir effectué des recherches sur les méthodes d’analyses évoluées pratiquées ailleurs, notre association a pris contact avec l’agence de l’eau Artois Picardie. Elle a pu visiter une des deux cellules mobiles d’analyse en continu.

Cette Agence, la plus petite de France, est néanmoins la seule à disposer d’un tel équipement. Il lui permet d’effectuer des campagnes de mesures le long des rivières, sur des cycles de temps plus ou moins longs, pour déceler les problèmes et proposer des solutions.

Le graphe ci-dessous illustre ce que ce type d’analyseur mobile permet d’enregistrer et même de visualiser immédiatement, sur un ordinateur les paramètres que l’on souhaite, par exemple, conductivité, turbidité, hauteur d’eau, pluviométrie, azote ammoniacal, nitrates, phosphates, oxygène dissous, algues, etc…

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D’après le responsable de cette station, celle-ci se révèle particulièrement efficace pour déceler les déversements polluants ponctuels effectués même la nuit. Mais elle permet aussi de comparer la qualité des eaux de la rivière entre l’amont et l’aval d’une agglomération, d’identifier les dysfonctionnements d’assainissement, etc..

Un tel système permet aussi d’explorer les apports urbains et agricoles d’azote et de phosphore responsables des proliférations algales ; mais encore de quantifier et de détecter en continu les micro-algues et cyanobactéries grâce à un spectrofluorimétre.

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Nous pensons que la mise en œuvre dans notre région de systèmes d’analyses en continu permettrait d’effectuer de véritables suivis de la qualité des cours d’eau, fondés sur des données complètes et non plus lacunaires. Elle permettrait d’effectuer des choix stratégiques pour la conservation du patrimoine aquatique dans le contexte global de la mise en œuvre des objectifs de la Directive cadre sur l’eau et du SDAGE. Rappelons que la DCE exige une réelle surveillance des rivières, adaptée aux conditions locales.

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La Commission de Protection des Eaux a donc l’honneur de solliciter votre soutien et votre concours pour la mise en place d’outils similaires dans notre région qui constitue la tête de bassin versant du Rhône. Cela pourrait se faire sous la responsabilité des services de Bassin et de l’Etat.

Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de nos respectueuses salutations.

François Devaux, Administrateur de la CPEPESC, (membre du bureau de la CLE du SAGE Ht-Doubs Hte-Loue)

Michel Lassus, Président de la CPEPESC (Administrateur de l’Agence de l’Eau RM&C et Vice-Président de la Commission Territoriale de Bassin Doubs)


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Note ultérieure à cet article.

L’agence de l’eau a répondu à cette demande le 4 février 2011. Lien vers la page : Mortalités piscicoles : L’Agence de l’Eau dit NON aux analyses en continu sur la Loue et autres cours d’eau comtois !