Pollution et mortalité piscicole du Durgeon à Vesoul (70) à la suite du déversement de 15000 litres de lait par des agriculteurs en colère devant le Cora.



Dans la soirée du 22 juillet 2015, un camion de 15000 litres de lait, intercepté à Montjustin et Velotte (70) par des manifestants agricoles, a été dérouté et conduit à Vesoul, à 15 km de là, où ses vannes ont été ouvertes devant l’hypermarché CORA.

Le déversement d’une telle quantité de lait sur le parking de la grande surface ne pouvait guère qu’aboutir à la pollution, constatée le lendemain, de la rivière proche, le Durgeon.

Ce modeste cours d’eau n’avait pas besoin de cela, surtout en cette période sèche marquée. Cette situation aurait d’ailleurs pu inciter les responsables de cette "opération" à plus de discernement. Aucun membre de la profession agricole n’ignore l’état de sécheresse actuel et l’importance de la ressource en eau pour l’intérêt général et pour les activités agricoles.

Le lait à l’état pur est un élément riche en matière organique en solution extrêmement et immédiatement polluante. Sa présence en quantité dans la rivière provoque une dégringolade du taux d’oxygène dissous et donc la mort de la vie aquatique… Sur le Durgeon, par endroit, d’affreuses plaques « cancoilloteuse » produites par la caséine du lait qui coagule avec l’eau et la chaleur. Ces matières vont se décomposer et peut être méthaniser et produire une seconde pollution différée dans le temps.

Si les agriculteurs doivent pouvoir vivre dignement de leur travail, les poissons du Durgeon ont eux aussi un droit minimum à la vie !

Une pollution très importante

Compte tenu qu’un seul litre de lait déversé dans le Durgeon contient une charge polluante organique supérieure à 100 grammes de DBO5, un écoulement 15 mille litres de lait engendre une pollution supérieure à 1650kg de DBO5 (*)

Soit une pollution équivalente à 27.500 équivalents habitants !!!!!

(*) 1 EH = 60 g de DBO5/jour. La directive européenne du 21 mai 1991 et l’article R2224-6 Code général des collectivités territoriale définissent l’équivalent-habitant comme la charge organique biodégradable ayant une demande biochimique d’oxygène en cinq jours (DBO5) de 60 grammes d’oxygène par jour.