Pollution et destruction totale de la vie aquatique de la Suarcine par l’incendie d’une « montagne » de déchets de bois de démolition à SUARCE (90).



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Une très forte pollution des eaux de la Suarcine est survenue le vendredi 25 avril 2014 après-midi pendant l’incendie d’un gigantesque dépôt de déchets de bois de démolition sur un site qui appartiendrait à l’ex-entreprise Transport tous travaux (TTT) de Suarce (90).

A la suite de l’intervention des pompiers, la petite rivière de la Suarcine a été massivement polluée sur une grande longueur par les milliers de mètres cubes d’eau déversés sur le gigantesque brasier qui se sont chargés de cendre et d’autres polluants provenant de ces bois de démolition (bois traités, peinture, agglomérés,..).

Cette pollution a décimé la quasi-totalité de la vie aquatique et piscicole du ruisseau Préra et de la Suarcine depuis Suarce, jusqu’à sa confluence avec le canal du Rhône au Rhin.

Parmi les poissons détruits, ont été dénombrés des Bouvières (Rhodeus sericeus), ainsi que des Loches (Cobitis taenia) et même des Chabots (Cottus Gobio), espèces protégées par l’Arrêté du 8 décembre 1988 fixant la liste des espèces de poissons protégées sur l’ensemble du territoire national.

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Par ailleurs, il est très probable que des amphibiens aient été touchés par la même occasion, sachant qu’ils sont tous protégés sur le territoire française, par l’Arrêté du 19 novembre 2007 fixant les listes des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection.

Il est particulièrement scandaleux que ce dépôt haut de plus 10m, constitué d’une énorme masse de plus de 5000m3 de déchets de bois de démolition ait pu prendre feu intégralement.

Comment ne pas suspecter un brûlage sauvage d’élimination de déchets de bois se soit transmis à l’ensemble du dépôt. Malheureusement, ce genre de pratiques, bien qu’interdites, a régulièrement lieu dans les chantiers et les dépôts. Nous le signalons fréquemment aux autorités.

La CPEPESC, qui a porté plainte, a demandé que l’enquête fasse toute la lumière à ce sujet.

D’autant que l’activité « incinération de déchets » n’était pas autorisée dans ce dépôt réglementé au titre de la législation des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Selon la Préfecture, l’exploitation ne fait l’objet que d’une déclaration, et n’est donc plus en conformité avec ces nouveaux textes qui le soumettent désormais à autorisation au titre de la législation ICPE.

Encore un très mauvais coup porté au réseau hydrographique.