Pollution des eaux : Un point noir en moins dans la vallée du Dessoubre. Les eaux usées de Charmoille (25) enfin renvoyées dans la station d’épuration de Belleherbe



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Un déversoir polluant enfin à sec !

Une photo. qui fait plaisir, prise le 28 avril 2011, lors d’une visite de terrain de la CPEPESC. C’est aussi une bonne nouvelle pour la vallée du Dessoubre. Le poste de relevage de la commune Charmoille fonctionne enfin. Il n’y a donc plus d’écoulements d’eaux usées dans la nature, c’est-à-dire vers le Bief de Vaux (ou ruisseau de Vaucluse) affluent Dessoubre.

Mais la suppression de ce rejet n’a pas été sans mal !

Rétrospection

Pour mettre fin au déversement sauvage des égouts de la comme de Charmoille, réclamé depuis des années, une conduite de liaison vers la nouvelle station d’épuration de BELLEHERBE en construction est réalisée en 2008. La solution paraissait toute proche.

Mais, en juillet 2009, lors d’une sortie de terrain, surprise : Le déversoir de Charmoille est toujours bief actif et « ultra-dégueu ». Et l’association d’apprendre que le raccordement effectif des égouts de cette commune à la STEP de Belleherbe, ne devrait se faire qu’en 2010 !

L’association informe aussitôt la police de l’eau qui croyait, elle aussi,l’affaire quasiment réglée. Elle découvre les photos répugnantes prises sur le terrain.

Le 9 novembre 2009, l’association intervient par courrier recommandé auprès du Maire de Charmoille et lui demande, compte tenu que « le délai fixé par la Directive Eaux Résiduaires Urbaines au 31 décembre 2005 est aujourd’hui largement dépassé, de bien vouloir supprimer ce rejet sous 2 mois.

Le 16 décembre, le maire de Charmoille répond que l’assainissement à coûté cher à la commune et que le poste de refoulement construit n’est toujours pas alimenté en électricité en raison d’un différent ubuesque avec ERDF.

« Et l’électricité vient à vous » !

Pour justifier le retard, le maire raconte ses déboires à la CPEPESC : « Notre première demande de branchement date du 1er avril 2008. Un devis nous a été présenté indiquant une somme avoisinant les 30000€, et ce pour une puissance très faible.

Trouvant cette somme trop élevée, j’engage des pourparlers avec ERDF et un deuxième devis nous est fourni pour la somme de 1 031 €. Devis que j’ai validé et renvoyé. Le temps passant et ne voyant toujours rien venir, j’ai repris contact avec ERDF, la réponse a été claire : " Nous nous sommes trompés... faites comme si le devis n’avait jamais existé"

Un devis étant une proposition commerciale ferme, les travaux devaient être réalisés pour cette somme. Néanmoins, refusant de s’exécuter nous avons renégocié et un troisième devis de 11.452 € a été signé le 30 juin 2009. Délai de réalisation : 24 semaines.

A ce jour, aucun camion bleu n’est apparu sur la commune malgré de multiples interventions, la dernière en date étant celle de Mr …, responsable de la police de l’eau.

J’espère mettre en service notre poste de refoulement au plus tôt, et ce dés que l’électricité permettra de le faire fonctionner ».

L’association ne peut donc que décider de patienter quelque temps.

Un déversoir putride et tenace !

Un an plus tard, en septembre 2010, les eaux usées brutes s’écoulent toujours dans la nature. Et l’association d’intervenir à nouveau auprès de la police de l’eau avec encore de « belles photos ! »

Mais cette fois, c’est EDF qui aurait des difficultés pour planter les poteaux électriques pour cause d’autorisation de passage sur un terrain en indivise. Contacté par la CPEPESC, Monsieur le Maire de Charmoille, répond qu’il a réussi à obtenir l’accord des propriétaires et que le branchement devrait être terminé fin de mois d’octobre 2010, Consuel compris.

En réalité l’affaire traine encore et tellement, qu’elle finit par avoir des échos dans la presse. Le 26 février 2011, un article intitulé "Égouts à ciel ouvert" décrit en termes savoureux la situation, dans l’Est Républicain : « [...] À Charmoille (315 habitants), c’est encore plus simple, les eaux partent directement dans la nature, au pied d’une décharge. C’est quoi ces morceaux de papier ? « Du PQ et il y a aussi des serviettes hygiéniques, des morceaux de plastique... » Courage fuyons. [...] »

Le 28 mars 2011, le journal "C’est à dire" publie « Les égouts bientôt connectés à Belleherbe ». Selon la mairie,« Le poste de refoulement doit être mis en service début avril » . A la CPEPESC, on doute, d’autant que mi avril, ça coule toujours ! Enfin, miracle, le 28 avril 2011, lors d’une visite de terrain de l’association, le déversoir putride de Charmoille est à sec !

frD