Observations de la CPEPESC sur la consultation publique sur le projet de Contrat régional Forêt Bois Bourgogne Franche-Comté



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Le 12 décembre 2018, l’association a déposé les observations suivantes dans la consultation par voie électronique ouverte jusqu’au 13 décembre 2018 sur le projet de Contrat Forêt Bois Bourgogne Franche-Comté.

Propos liminaire

Alors que le climat se réchauffe, on peut dire que les relations sociales à l’ONF se refroidissent.

La mobilisation de l’ensemble des acteurs d’une filière est nécessaire pour parvenir au succès d’un projet de développement. Pour ce faire, il convient de poser d’emblée l’existence et la pérennité des moyens logistiques et humains qui seront mobilisables dans les 10 prochaines années et sur le long terme forestier. Et la gestion du long terme suppose des institutions de gestion dont la nécessaire stabilité est un gage de succès.

Ces moyens sont connus pour certaines institutions : Il s’agit du contrat d’objectifs Etat-ONF-Communes forestières 2016-2020. Lequel prévoit des centaines de suppressions de postes de gestionnaires de terrain et une main mise sur les recettes des ventes de bois communal avant restitution. Un projet de service non partagé et non concerté, ou faisant l’objet d’un rejet massif des partenaires, est voué à l’échec. Or, il apparaît que le dialogue social du principal établissement public gérant les forêts domaniales et communales depuis 1964 est à l’arrêt. L’ONF est en panne de dialogue et de management. Les instances de concertation sont désertes et ont été rejetées par l’ensemble des organisations syndicales représentatives. Les tutelles sont muettes ou inopérantes.

Il en va de même pour le dialogue avec les maires des communes forestières qui viennent de rejeter massivement le budget 2019 et de manifester leur exaspération et leur défiance à l’endroit de leur gestionnaire, lequel ne semble sensible qu’à un seul critère : le rendement financier et comptable de ventes de bois en forte augmentation volumétrique.

Il convient donc, avant tout exposé de projet pluriannuel, de renouer un dialogue constructif dans la sphère forestière. Les évènements sociaux récents qui viennent de secouer la France démontrent avec acuité que les uns, à Paris, ignorent depuis trop longtemps ce que font les autres en province rurale, et réciproquement. La filière forestière est dans les mêmes affres. Les acteurs et partenaires ne s’écoutent plus et ne se comprennent plus. Les effectifs opérationnels fondent à chaque contrat tandis que les états major continuent leurs études hors sol.

Sans moyens et sans consensus, ce plan est mort-né et demeurera lettre morte. Il finira rapidement dans les oubliettes de l’Histoire.

Un moratoire est là aussi nécessaire pour prendre le temps de s’écouter et repartir d’un bon pied. Pour refonder ensemble une gestion forestière dans laquelle chacun se retrouve.

Enjeux

Les enjeux actuels sont pourtant prégnants dans un contexte de changement climatique qui va avoir des effets forcément importants sur les modèles connus de sylviculture, notamment à travers l’adaptation des essences forestières.

Bien malin ou prétentieux celui qui peut aujourd’hui dire ou prédire ce que sera la récolte planifiée dans une dizaine d’années. Ainsi, décider d’augmenter au niveau national la récolte de 12 millions de mètres cubes supplémentaires n’a aucun sens ni aucune base scientifique cohérente. Ce sont les propriétaires qui décident de récolter, pas les plans nationaux. Et en période de tempête, on ne met pas plus de voile au vent, on les rabat pour naviguer prudemment sans faire de casse.

On sait par ailleurs que les travaux du GIEC annoncent une augmentation plus rapide que prévue de la température moyenne annuelle et une modification importante des modèles climatiques.

La forêt et les forestiers doivent donc maintenant s’adapter avec de nouveaux modèles sylvicoles et se préparer à des remous non seulement budgétaires, mais climatiques. L’obsession de la production comme de la productivité des personnels doit être reconsidérée à l’aune des bouleversements qui arrivent.

Conclusion

Bref, il est urgent que les partenaires se parlent et que les tutelles veillent d’un peu plus près à ce que l’intérêt général du patrimoine forestier soit préservé.

Jean RAYMOND Pdt de la CPEPESC nationale.