Menaces sur la faune sauvage : la CPEPESC réclame la transparence sur l’emploi par l’agriculture de la bromadiolone dans le massif du Jura



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Victimes de l’emploi de la bromadiolone - canton de Nozeroy, 2003 -

Alors que l’emploi de la bromadiolone en Auvergne continue à faire des victimes au sein de la faune sauvage non cible (http://rapaces.lpo.fr/milan-royal/encore-5-milans-royaux-empoisonnes-en-auvergne), notamment chez une espèce de rapaces menacée, le Milan royal, pour lequel l’Etat français a pourtant pris des engagements concrétisés par la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde, la CPEPESC a eu l’occasion de s’exprimer tout récemment au sujet de cette même lutte chimique toujours malheureusement d’actualité sur le massif du Jura.

Sollicitée par la DRAAF qui envisage la poursuite des traitements sur des secteurs où les populations de campagnols sont en dynamique de croissance, la CPEPESC a notamment répondu qu’elle venait de confier au réseau SAGIR de l’ONCFS la dépouille d’un renard découvert sur la commune de Bians-lès-Usiers (25) le 5 décembre dernier. Alors que la DRAAF évoque l’innocuité des traitements, cette énième victime collatérale semble démontrer (sous réserve de résultat positif) que l’on ne peut raisonnablement conclure à l’absence de dégâts sur la faune non cible sans avoir préalablement conduit des recherches systématiques

Nous l’avions réclamé à l’époque en 2003 puis 2008 et nous le demandons encore aujourd’hui. Il ne s’agirait pas de couvrir chaque automne l’ensemble des secteurs traités mais d’évaluer, a minima, les incidences des traitements sur des zones bien précises : récurrence des infestations (secteur de Nozeroy par exemple), fortes potentialités et sensibilités écologiques (Bassin du Drugeon), etc.

Sans cela, impossible en l’état de conclure ou non à l’absence d’impact sur la faune sauvage non cible.

Comme nous demandons aujourd’hui également que soient réalisées des évaluations des abondances de rapaces au regard des informations naturalistes communiquées par la LPO FC sur les secteurs où des prolongations de traitements seraient envisagés en cette fin d’automne/début d’hiver. Cela avait été mené à l’époque (IKA prédateurs) dans le cadre de la procédure dérogatoire et cela avait permis de limiter les dégâts sur les prédateurs non cibles ou au moins d’alerter sur la dangerosité de la mise en œuvre de traitements sur certaines zones à fortes abondances de prédateurs.

Il s’agit pour notre association de préalables indispensables : mieux anticiper et mieux évaluer pour apporter, au minimum, la transparence que requiert l’emploi de la bromadiolone dans l’attente, et c’est le vœu le plus cher de notre association, de l’abandon des traitements chimiques dans la "lutte" contre le Campagnol terrestre... rendu possible par la mise en œuvre de changements dans les modes d’exploitation de la SAU et par une révision du décret AOC Comté et de son règlement d’application.

Nous invitions toutes les personnes à nous faire part, en temps réel, de leurs découvertes de cadavres d’animaux sauvages dans la perspective de faire réaliser des analyses toxicologiques.