Monsieur le Préfet de Seine Maritime, arrêtez de détruire les blaireaux des massifs forestiers de Brotonne-Mauny



Scandalisée comme de plus en plus de citoyens et d’organisations, par un arrêté préfectoral digne du moyen âge, la CPEPESC a adressé le 15 décembre 2010 la lettre recommandée suivante au Préfet de Seine Maritime.

Monsieur le Préfet,

Vous avez pris le 10 novembre 2010 un arrêté autorisant la capture et la destruction des blaireaux dans les massifs forestiers de Brotonne-Mauny pour des raisons de santé publique.

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Le blaireau émissaire de la préfecture de Seine Maritime.

Nous ne pouvons que contester cet arrêté et être infiniment indigné qu’une telle destruction d’animaux sauvages dans votre département soit organisée par votre préfecture, qui ne semble pas disposer d’informations sérieuses au sujet de cette espèce.

En premier lieu, j’attire votre attention sur le fait que les populations de blaireaux sont déjà fortement fragilisées en Europe parce que depuis toujours victime d’une persécution imbécile, du trafic routier et n’ayant d’autre part qu’un très faible taux de reproduction qui a été établi, par l’administration des forêts, à 0,3 jeune/adulte/an !

Cette situation a amené des pays voisins, plus réactifs que l’Etat français, comme la Belgique ou l’Espagne à le protéger. C’est maintenant aussi le cas aux Pays-Bas, au Danemark, en Angleterre, en Italie, au Portugal, en Grèce… La présence du blaireau est un indicateur de qualité écologique de l’environnement naturel.

Ainsi sommes-nous particulièrement surpris par votre décision et nous vous demandons de bien vouloir l’annuler en raison de l’atteinte particulièrement inutile et injustifiée, vos services ayant probablement été abusés ou mal informés.

Il n’existe en effet à l’heure actuelle pas le début d’une preuve que les Blaireaux que vous condamnez à la destruction sont responsables de la contamination virales aux animaux domestiques d’élevages.

En d’autres temps, sous d’autres croyances ancestrales similaires, entre 1974 et 1992 l’Angleterre et l’Irlande ont éliminé un total de 12901 Blaireaux sans aucun résultat sanitaire… Il a été conclu que : […] la destruction des Blaireaux au Royaume-Uni n’avait aucun effet prophylactique pertinent, et qu’elle tendait, au contraire, à augmenter l’incidence de la tuberculose bovine sur le cheptel bovin[…].

Plus près de nous, en France, l’AFFSA a précisé fin 2009, que : […] la faune sauvage, dans le département de la Côte d’Or, est victime de l’infection bovine mais ne constitue pas un réservoir à partir duquel les ruminants se contaminent […]

En conséquence, nous demandons à la Préfecture de ne pas organiser cette nouvelle persécution d’une espèce utile, discrète et fragile.

Nous ne pouvons croire que cette opération, qui ressemble un peu aux chasses aux sorcières des épidémies du moyen âge, n’ait été montée que pour afficher une action administrative !

Persuadé enfin que Monsieur le Préfet de Seine-Maritime est à la fois un homme de cœur attaché à la vérité et une personne sensible au développement durable, nous lui demandons de bien vouloir annuler cet arrêté et garantir la transparence sur l’origine et les motivations de cette décision litigieuse.

Dans le cadre des lois d’accès aux documents administratifs et aux informations relatives à l’environnement, la CPEPESC demande donc également communication de l’ensemble des rapports et avis techniques, scientifiques et administratifs sur lesquels a été fondé cet arrêté.

Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet de Seine Maritime, mes respectueuses salutations.

Le Président de la CPEPESC p/o François DEVAUX

Demande d’intervention à Mme Kosciusko-Morizet

La lettre suivante a également été envoyée à la ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet :

"Notre association sollicite votre intervention concernant la décision du préfet de Seine-Maritime qui a pris le 10 novembre 2010 un arrêté autorisant la capture et la destruction des blaireaux dans les massifs forestiers de Brotonne-Mauny.

Vous trouverez ci-joint copie du courrier adressé par la CPEPESC au préfet, démontrant que rien ne justifie que le blaireau soit condamné à la destruction.

D’ailleurs dans les pays voisins le blaireau est une espèce protégée, considéré comme un indicateur de qualité écologique de l’environnement naturel (cf. Courrier).

Nous vous invitons à prendre connaissance de ce courrier, et nous vous sollicitons en tant que Ministre de l’écologie pour faire annuler cet arrêté qui est un non-sens pour la protection de l’environnement.

Dans cette attente, ...

. NDLR ultérieure à cette lettre : Bien sur ! Cette lettre est rester lettre montre... et n’a entrainé aucune réaction de cette madame Kosciusko-Morizet ...


Vous êtes scandalisé par cette information. Apportez votre soutien citoyen en signant en ligne la pétition contre cette autorisation préfectorale imbécile de capture et de destruction de blaireaux en Seine Maritime.

Cliquez sur le lien : http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/presentation.php ?id=213

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Autre page de ce site concernant le blaireau : Aidez le blaireau : une espèce fragile en déclin, protégée dans de nombreux pays mais torturée en France .