METABIEF MONT D’OR : Vernis Vert Attitude, vertige moralisateur des cimes



JPEG - 81.3 ko

La première édition de Méta Vert Attitude s’est tenue samedi dernier au pied des pistes de Métabief [1]

Une défense de l’Environnement reposant uniquement sur quarante ans de vieux et grands principes parfois usés de la sensibilisation servie à toutes les sauces ne cache-t-elle pas des montagnes d’incohérences de plus en plus difficiles à dissimuler derrière le petit doigt d’une morale trop bien orchestrée ?

Cette année encore, le tourisme franc-comtois lié aux sports d’hiver dressera sans nul doute un énième bilan mitigé faute de quantités de neige suffisante et viendra encore la sempiternelle question d’un recours toujours plus accru à l’artificialisation de l’enneigement. Canons à neige, ballet incessant des dameuses à chenilles, la note énergétique ferait très certainement pâlir ce public que l’on moralise en bas des pistes.

Ce tourisme là respecte-t-il la nature ? On peut fortement en douter. Outre le bilan énergétique très mauvais de ces stations de moyenne altitude, dont la simple viabilité économique relève déjà de la perfusion assistée, le développement programmé de la neige artificielle conduit non seulement à des aberrations économiques supplémentaires, mais également à la défiguration complète des sites, de nos paysages communs, et à l’appauvrissement des ressources naturelles en eau.

Neige et Culture

Imaginez que le Conseil général du Doubs s’apprête très prochainement à faire creuser, sur les sommets des pistes du Haut-Doubs, un bassin de 100 000 mètres cubes pour le stockage d’une eau destinée à satisfaire un loisir qui n’échappe désormais plus à une logique consumériste, parfaitement marketée, et ne pouvant désormais plus se satisfaire des conditions naturelles d’enneigement.

Cet immense bassin artificiel, qui sera rempli des eaux pompées, 550m plus bas, dans un cours d’eau franco-suisse voisin, la JOUGNENA, trônera avec fière allure sur le MONT D’OR pour ensuite alimenter les indispensables canons à neige.

A l’heure où la France devra rendre compte à l’Europe de l’état de ses ressources en eau et où les collectivités dressent de flambants Agenda 21 sur les économies d’énergie, il semble que la messe soit déjà dite dans un département du Doubs spectateur de l’agonie de ses propres rivières de « renommée touristique » (le Doubs franco-suisse, la Loue, le Dessoubre).

A la différence d’un tourisme local soutenu à bout de bras et à grands frais, les milieux naturels du département ne bénéficient vraisemblablement pas des mêmes ardeurs politiques pour être concrètement défendus, avec des vrais moyens, afin d’aller au-delà des bonnes intentions et résoudre les problèmes.

Tout le monde aura compris que l’environnement « ça commence à bien faire »  ; dans ce cas, il ne reste sans doute plus qu’un petit pot de vernis de couleur verte, servi par nos décideurs à petites touches, en contrebas des sommets, avec un panel insoupçonnable de nuances dont on finirait presque par douter…



[1] http://www.tourisme-metabief.com