MACHEFERS D’INCINERATION à FLANGEBOUCHE (25) : Nouvelle menace pour le Dessoubre et situation de fait accompli ?



Alors que la consultation du public sur un projet d’unité de traitement de mâchefers à Flangebouche (25) vient à peine de démarrer, il semble que l’installation soit déjà en grande partie réalisée sur le terrain.

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Plate-forme et son rejet dans le karst découverte par l’objectif de la cpepesc

Cela devient une habitude pour les populations du Doubs d’être consultées après coup en matière d’installations soumises à autorisation du Préfet. La loi ne semble pas s’appliquer de la même façon aux particuliere et aux entreprises…surtout celles du BTP. La raison d’Etat est-elle devenue concubine, ou catin, de la raison économique ?

Mais retour au problème de FLANGEBOUCHE et des mâchefers, résidus des fours incinérateurs de déchets :
- Comme ceux tout frais de Montbéliard ou de Besançon-Planoise, et dont on ne sait que faire.

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machefers à l’abandon à Echenoz la Méline (70)

- Ou ceux de l’ancien incinérateur de VESOUL à Echenoz-la-Méline dont des milliers de m3 attendent sous les ronces et les intempéries …

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Site nettoyé de l’ancien incinérateur de Vesoul, mais au fonds de la photo, les terrils de machefers sont toujours là !

La solution d’enfouissement dans les alvéoles étanches de centres d’enfouissement techniques (CET) comme celui de Vaivre près de Vesoul est coûteuse. D’ou l’idée de petits malins du BTP de proposer de valoriser ces déchets en les criblant pour fabriquer une sorte de grave commercialisable par "recyclage" en matériaux de remblais ou de sous couches routières.

Le problème est que ces résidus d’incinération de déchets de toutes sortes, renferment encore beaucoup d’éléments chimiques résiduels dangereux ou toxiques qui seront du même coup disséminés dans l’environnement : métaux lourds, dioxines…

Ainsi du 21 mars au 22 avril 2005, une enquête publique a lieu en mairie de FLANGEBOUCHE en vue de l’autorisation par le préfet au lieu-dit « Niellans » d’un « centre de transit des mâchefers avec installation de broyage concassage » au profit de la Sté de travaux publics VERMOT qui exploite déjà en ces lieux depuis environ 15 ans une carrière de roche dure calcaire et une centrale d’enrobage bitumineux à chaud.

Un dossier présentant le projet et son impact sur l’environnement est consultable en mairie ou un registre d’enquête est prévu pour recevoir toute déclaration ou doléance. Chacun peut donc réagir utilement sur ce projet. Le commissaire-enquêteur désigné pour cette enquête publique et qui doit donner à son terme un avis est Monsieur « Michel CHARUE, 18 rue Fanart 25000 BESANCON ».

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La carrière de Nielans. En bordure gauche de cette vue, on aperçoit un angle de bitume, c’est l’extrémité de la plate-forme aménagée.

Le site de Nielans est situé sur la passoire karstique des calcaires fissurés du kimméridgien au voisinage d’un axe de fracture tectonique orienté en direction de la vallée de la Reverotte, rivière dont la source est située à moins de 2 km !

La Reverotte, et son complexe souterrain, contribuent pour une part notable à l’alimentation en eau de la tête de bassin d’alimentation du DESSOUBRE. C’est une pittoresque rivières à truites (pour combien de temps encore ?) dont la qualité biologique des eaux est aujourd’hui déjà bien dégradée.

En 2001, un gouffre de 5m de diamètre, de plus de 15 m de profondeur, avait été découvert dans le fond de la carrière et dans lequel les eaux pluviales de l’exploitation s’écoulaient ! C’est dire la grande perméabilité des lieux et la fragilité des eaux souterraines. Selon des informations récentes, ce gouffre est aujourd’hui comblé.


En savoir plus : position de la CPEPESC sur l’incinération des déchets.