Les résultats d’analyses sur la Loue "mousseuse" appellent quelques commentaires. Les prélèvements sont arrivés après la bataille !



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La DDT du Doubs a mis en ligne sur son site les résultats d’analyses effectuées le 11 janvier 2011 sur la Loue. (Lien vers la page "Résultats des analyses physico-chimiques du 11 janvier 2011" sur le site de la DDT du Doubs))

Ces résultats appellent quelques commentaires.

- Ne sont donnés que les résultats de 2 prélèvements : l’un d’eau brute, l’autre d’eau et de mousse.

- Aucun point de prélèvement n’étant indiqué, on suppose qu’il s’agit de la source de la Loue elle-même, où d’ailleurs OUHANS prélève son eau potable. (Outre la grotte vasque, il existe plusieurs sources affluentes immédiatement en aval de celle-ci).

- Le commentaire de l’analyse suggère qu’il ne s’agit pas de mousses provenant de détergents. Ceux-ci n’ont d’ailleurs pas été recherchés.

- Il indique que les mousses proviendraient "plutôt" des protéines de matières organiques.

- l’indice de demande chimique en oxygène (ST-DCO) mesuré de 5,4mg/l. n’indique pas une présence importante de matière organique.

Une concentration bien insuffisante pour provoquer un phénomène moussant de grande ampleur ?

- Si la DDT indique que « Pour tous les paramètres physico-chimiques analysés, les valeurs mesurées ne relèvent pas de pollution particulière et sont conformes aux valeurs observées habituellement », elle aurait pu ajouter que cette affirmation n’est valable qu’au moment où les deux prélèvements pour analyses ont été effectués c’est-à-dire le mardi 11 janvier 2010 à 13H00.

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L’analyse du 11 janvier 2010

L’alerte de l’abondance de mousse sur la Loue a été constatée le matin du 11 janvier à ORNANS, cela veut dire qu’au moment des deux prélèvements, le « gros du problème » était déjà passé depuis longtemps à la source de la Loue distante d’environ 20 km.

De plus, le limnigraphe de Vuillafans a relevé le 10 janvier un pic de crue plus important, c’est probablement cet épisode qui a chassé devant lui dans le karst une charge de pollution organique conséquente ayant entrainé la formation de la mousse qui a été vue à Ornans le 11 au matin.

Il aurait été judicieux d’effectuer aussi des prélèvements le 11 janvier à ORNANS, voire en aval.

En effet, le karst en période normale, fonctionne en partie comme un décanteur des pollutions organiques , qui peuvent être brutalement évacuées par les résurgences par un effet de chasse très brutal lors des mises en charge des réseaux à la suite de pluies abondantes sur les plateaux.

C’est donc en début de crue que des sources comme la Loue crachent des quantité élevées en pollution. Après ce nettoyage intensif, et par le jeu de la dilution, il est logique que l’on ne trouve plus grand chose dans l’eau.

Il est certain que tant que cette rivière, comme d’autres, ne disposera pas d’un suivi en continu (*) on passera à côté de la plupart des informations essentielles. Mais peut-être est-ce ce qui est recherché ?

(*) A ce sujet, la CPEPESC n’a toujours pas obtenu de réponse à sa demande du 29 octobre 2010 adressée à la fois au directeur de l’Agence de l’eau RM et au préfet de la région Franche-Comté. (Voir page : Pollutions et mortalités piscicoles dans la Loue et autres cours d’eau comtois : La CPEPESC réclame des analyses en continu, infiniment plus représentatives que les prélèvements ponctuels. .