Les rejets des agglomérations urbaines.*
Pour protéger le milieu naturel récepteur (rivière ou nappe souterraine), les eaux des égouts des agglomérations sont traitées dans des stations d’épuration avant rejet. Mais celles ci n’existent pas toujours....
Les stations d’épurations peuvent aussi être peu ou pas efficaces (en mauvais état, sous dimensionnées, obsolètes, perturbées par un mauvais état des réseaux d’égouts ou recevant des effluents industriels non conformes...
Le rejet direct d’effluents, peu ou pas épurés, apporte une importante pollution de nature « organique » dans les milieux aquatiques récepteurs. Les rejets urbains contiennent aussi, en faible proportion, des produits chimiques de toutes sortes.
L’introduction dans une rivière d’un flux important de matières organiques, trop important pour être assimilé naturellement, entraîne une réduction du taux d’oxygène dissous dans l’eau en aval du point de rejet, et parfois sur plusieurs kms, jusqu’à ce que les phénomènes de dilution, de décantation et d’auto épuration en aient réduit l’importance.
La réduction du taux d’oxygène dissous est la première menace pour la vie aquatique. Le colmatage des fonds (frayères), la fermentation des matières organiques, leur transformation en nitrates et phosphates entraînent d’autres nuisances (voir partie bon état des eaux)
Les petits ruisseaux sont beaucoup plus fragiles que les grands cours d’eau car même un petit rejet peut y avoir un impact considérable.
Les produits chimiques également contenus dans les eaux, appelés aussi micropolluants (détergents, stéroïdes utilisés dans l’alimentation du bétail, plastifiants, produits pharmaceutiques, hormones reproductives, solvants, molécules nouvelles de plus en plus nombreuses, ...) menacent les êtres vivants aquatiques, et au delà les chaînes alimentaires lorsqu’il y a bio-accumulation. Ce problème inquiétant, trop longtemps volontairement ignoré en France, est encore mal connu, de même que ses conséquences à travers de possibles bioaccumulations dans les chaînes alimentaires et jusqu’à l’homme !
Les procédés d’épuration des eaux.
En préambule, il faut rappeler que les systèmes d’épuration ne sont pas conçus pour traiter la pollution chimique. Les molécules dangereuses, non biodégradables dans le système, se retrouvent dans les rejets ou dans les boues produites par l’épuration. (voir partie boues
Les systèmes d’assainissement ne sont performants que pour réduire la charge organique des eaux, qui représente la fraction majeure de la pollution urbaine.
La plupart des agglomérations disposent d’un système d’assainissement. Ce système doit comporter un réseau de collecte (appelé aussi réseau d’égouts ou d’assainissement) et une station d’épuration précédant le rejet dans le milieu naturel.
En milieu rural, les eaux usées des habitations dispersées doivent être traitées par une installation d’épuration autonome. Celle-ci comporte une fosse septique toutes eaux (sauf eaux pluviales) et un système d’épandage souterrain qui permet un traitement final dans le sol. (voir page « assainissement autonome »)
Chaque ménage rejette à l’égout environ 150 litres d’eau sale par personne (WC, salle de bain, machines à laver linge et vaisselle, cuisine,... )
Certaines activités artisanales et industrielles rejettent également de grandes quantités d’eaux usées à l’égout. Une convention de déversement fixant des normes, passée entre l’entreprise et la collectivité, est obligatoire. (Info. à ce sujet). pour le rejet dans les égouts d’effluents autres que domestiques.
Les eaux industrielles doivent souvent subir un prétraitement (détoxication) pour être acceptées.
Tout rejet de purin ou d’effluents agricoles est interdit dans les égouts publics. Les purins perturbent le fonctionnement des stations d’épuration et ne peuvent être éliminés que par épandage sur les champs.
Le bon fonctionnement d’une station d’épuration dépend
D’un entretien régulier de tout le système d’assainissement.
Il suffit par exemple d’un tuyau cassé non réparé pour que la pollution rejoigne directement, pendant des mois, le milieu naturel. ( Ces sont des « dépenses obligatoires » dans le budget de la commune) . Il existe des appareils mobiles pour l’ inspection des conduites enterrées par caméra téléguidée.
De ce que le réseau de collecte apporte à la station d’épuration.
En effet, le processus ne traite que la pollution organique. Il est donc interdit de rejeter à l’égout des produits chimiques dangereux ou toxiques, des peintures usagées, des huiles,... ( Ces produits doivent être déposés en déchetterie).
De la qualité du réseau de collecte.
En agglomération, les égouts collectent également les eaux pluviales provenant des caniveaux de chaussées et des toitures des bâtiments. Pour permettre une bonne épuration le réseau d’assainissement doit comporter deux réseaux.
Ce système appelé « assainissement séparatif » comporte :
une conduite collectant les eaux pluviales qui seront rejetées dans l’environnement après un traitement sommaire,
une conduite récupérant les eaux usées et les conduisant à la station d’épuration.
Les anciens réseaux de type « unitaire », qui collectent dans une seule conduite eaux usées et eaux pluviales (ou de source), diluent et refroidissent les eaux usées, ce qui perturbe le cycle d’épuration. Ils sont par ailleurs équipés de trop-pleins de crue... Ainsi en cas de pluie abondante, une grande partie des effluents - qui ne peuvent être acceptés par la station d’épuration - sont entraînés par ces déversoirs, dits « d’orage », dans le milieu naturel. En hiver, les eaux usées, en général chaudes (environ 10 à 15° C), sont refroidies par les eaux de fonte de neige, ce qui stoppe le processus d’épuration des stations. (En dessous d’une température de 5°C de l’effluent).
Les eaux pluviales qui en début de précipitations ont lavé chaussées et caniveaux, sont très chargées en pollution et devraient toujours être traitées, au moins sommairement, avant rejet (décantation, passage à travers un filtre à sable)
voir pages :
FONCTIONNEMENT D’UNE STATION D’EPURATION
Assainissement des agglomérations. Règlementation
Epandage des boues d’épuration en agriculture (reglentation) .