Le Rhône et ses poissons pollués au pyralène jusqu’à la mer ! Consommation interdite !
Un précédent article sur les débuts de cette affaire titrait "Le Rhône empoisonné ! Notre grand fleuve va-t-il mourir biologiquement ? Qui est responsable ou a laissé faire ?". On s’y reportera utilement. .
Depuis, les investigations se sont poursuivies plus au Sud et les nombreux barrages établis sur le Rhône n’ont pas arrêté la pollution…
En dernier lieu, c’est le préfet du Vaucluse, qui vient d’interdire la pêche des poissons du Rhône en vue de leur consommation ou de leur commercialisation. Cet arrêté préfectoral du 7 août 2007 a été rendu officiel "en raison de résultats d’analyse défavorables révélant une contamination de ces poissons en polychlorobiphényles (PCB) - plus connus sous le nom de pyralène".
Ainsi la consommation des poissons du fleuve qui était déjà interdite dans les départements de l’Ain, du Rhône, de l’Ardèche et de la Drôme, l’est aujourd’hui dans le Vaucluse, c’est à dire jusqu’au débouché du cours d’eau dans la méditerranée.

- Les barrages, nombreux sur le Rhône, n’ont pas arrêté la pollution sédimentaire. (Transport du PCB avec les sédiments).
Certains poissons pêchés recèlent, à l’analyse de leurs chaires, une concentration en PCB supérieure à dix fois seuil de toxicité maximum admissible de 8 picogrammes/g fixé par l’Union européenne. Produit chimique stable et pratiquement insoluble dans les eaux, le PCB s’est semble-t il bien accumulé dans les sédiments du fleuve avant d’être ensuite bio-accumulé dans la chaîne alimentaire aquatique.
Selon la Préfecture du Vaucluse "une nouvelle expertise de l’AFSSA interviendra d’ici l’automne prochain, pour réévaluer la situation et adapter les mesures".
Origine ou origines ? du PCB du Rhône
L’essentiel du PCB que l’on retrouve dans les graisses des poissons proviendrait, selon la version officielle, de déversements anciens, c’est à dire effectués entre1975 et 1990 et, pour une très grande part, d’une société chargée d’éliminer les déchets chimiques à risques, y compris les PCB des transformateurs officiellement démantelés qui y aboutissaient. (voir précédent article.).
Mais personne ne doit ignorer que tous les transformateurs aux PCB n’ont pas tous transités par cette filière officielle d’élimination… Combien d’autres appareils ont été purement et simplement éliminés par les ferrailleurs et leurs contenus liquides rejetés dans l’environnement, le sol ou même les égouts…
Cette lamentable situation - dont on ne découvre peut être aujourd’hui que la pointe du sommet de l’iceberg – n’est que le résultat de la politique menée en matière de déchets, de "recyclage" des métaux et de police industrielle.
Et, dans le bassin versant du Rhône, il n’est pas exceptionnel de rencontrer encore dans les dépôts de ferrailleurs, dans les friches industrielles ou même dans la nature d’anciens transformateurs suspects !
Nous citerons quatre affaires symptomatiques rencontrées par l’association :
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- Le transformateur au pyralène abandonné sur le site de l’ancien broyeur d’ OM de Scey en Varais (25).
En mai 2004, un responsable de la CPEPESC découvre à Scey-Maisières (25) sur le site d’un ancien broyeur d’ordures ménagères qui a été récemment déconstruit, un ancien transformateur au pyralène, abandonné sur place. Des traces d’écoulement sont bien visibles ! Les lieux bordent et dominent la Loue !
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. L’association portera plainte et avertira immédiatement la Préfecture et la DRIRE. Le préfet prendra en urgence un arrêté de mise en demeure de l’exploitant (une collectivité ). Le transformateur a été évacué après l’intervention de l’association et le terrain décaissé sur toute la longueur de l’écoulement. Quant à la justice, le procureur classera l’affaire "sans suite" 5 mois plus tard... (Voir historique de ce dossier )
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Dans une ancienne usine de Montholier (39), un transformateur au pyralène est découvert en février 1994 éventré sur le sol. Le préfet du Jura exige aussitôt à la commune propriétaire des lieux de décontaminer le sol. Mais le transformateur a été évacué, les bâtiments rasés et les sols pollués recouverts de gravats sur un mètre de hauteur sans jamais être décontaminés… Le PCB est toujours là-dessous du moins on l’espère...
En 2004, à la CPEPESC qui exigeait la décontamination du site, le préfet répondait que ce n’est pas la présence de polluants dans le sol qui est problématique mais le possibilité qu’il soit ou non mobilisable par les eaux souterraines ou superficielles. Seule une surveillance du site par analyses bi-annuelles des eaux a été ordonnée par le préfet qui a estimé cette mesure « adaptée et proportionnée au risque considéré ». (Voir l’historique de ce dossier )
En juin 2007, lors d’une sortie mensuelle de terrain, des membres de l’association découvrent un ancien chantier de récupération de ferrailles en cours de bouleversement avec de vieux transformateurs en bordure de la rivière le Dessoubre à St Hippolyte (25)
Compte tenu des risques d’une éventuelle présence de PCB dans les carcasses de plusieurs transformateurs bien visibles depuis la route, la CPEPESC informe la DRIRE en lui demandant de s’assurer que le sol n’est pas pollué, le Dessoubre s’écoulant à moins de 20 m. La DRIRE répond qu’une visite est programmée...
D autres affaires de PCB connues en Franche-Comté. Ce qu’est que le sommet de l’iceberg !
A notre connaissance, ce sont en Franche-Comté par communes :
BESSONCOURT (90) : En 1995, un transformateur est démonté et vidé sur la décharge, CHOISEY (39) : A la suite d’un accident de camion, 1m3 de pyralène s’est renversé sur la RN 73, le 12 août 2004,
COLOMBIER FONTAINE (25) : Site de l’ancienne entreprise BAUMANN
HERICOURT (70) : Grosse pollution en 2001 du ruisseau et de la station d’épuration au PCB par la société KERN.
REMONDANS-VAIVRE (25) : En janvier 1986, à la suite de l’explosion d’un transformateur « 260 l de PCB sont répandus sur le sol » d’une scierie. Selon l’administration « Quelques litres de pyralène ont pu se déverser dans les ruisseaux affluents du Doubs ».
SELONCOURT (25) : Lors d’un incendie, le 3 août 2004, dans une ancienne usine totalement à l’abandon et qui contient 6 appareils au pyralène, au moins l’un d’eux est détruit par le sinistre.
SERVANCE (70), Le sous-sol de l’Usine Madec est « pourri » de liquides et huiles de coupe industriels. Du PCB y est signalé.
N’hésitez pas à nous signaler toute information au sujet de telles affaires.
Dormez braves gens, tant que l’eau coule sous les ponts …
Le PCB est officiellement un polluant organique persistant (POPs) extrêmement dangereux. Mais dans l’affaire du Rhône, le discours officiel cherche a rassurer en déclarant que seule la consommation réitérée du poisson contaminé peut constituer un risque potentiel pour la santé humaine : Le contact sur la peau ne présente pas de danger, que la baignade et les sports nautiques ne font d’ailleurs pas l’objet d’interdiction….
Et l’avenir des poissons et de la vie aquatique dans les eaux du Rhône face à cette pollution toxique installée ? La question demeure.
L’association n’a pas dans les communiqués officiels des pouvoirs publics, trouvé un seul mot sur le sujet. Il est vrai qu’en cette période de phobie collective contre les animaux, cygnes et autres oiseaux d’eau, tous accusés de transporter de pernicieux virus, cela aurait été une divine surprise…
Allant dans le même sens que d’autres associations, la CPEPESC a décidé de déposer plainte et va demander officiellement au préfet coordonnateur de bassin et aux préfets concernés, de mettre en œuvres d’autres investigations sur les principaux cours d’eau de l’amont du bassin : la Saône, l’Ain, le Doubs, l’Ognon, l’Ouche,…
A suivre
Voir autre article sur ce site : Le Rhône empoisonné ! Notre grand fleuve va-t-il mourir biologiquement ? Qui est responsable ou a laissé faire ?


