Les indicateurs agroenvironnementaux actuels de l’U.E. accessibles.



Le « Rapport sur les indicateurs d’intégration des préoccupations environnementales dans la PAC, intitulé "L’agriculture et l’environnement dans l’UE-15" est aujourd’hui accessible (en anglais) sur le site de l’IRENA (acronyme de "Indicator Reporting on the Integration of Environmental Concerns into Agriculture Policy")

Il donne un large aperçu des interactions existant entre l’agriculture et l’environnement dans l’Union européenne Le projet couvrait les 15 États membres que comptait l’Union européenne en 2002. Il répondait à une initiative du Conseil agricole de 2001, qui avait souhaité disposer d’indicateurs agroenvironnementaux pour le suivi des progrès accomplis en matière d’intégration des préoccupations environnementales dans la PAC.

Les 40 indicateurs ainsi élaborés sont fondés sur de multiples données collectées à différents niveaux géographiques et ils couvrent généralement la période 1990-2000. Ils aident à résumer et à mettre en évidence des corrélations agroenvironnementales complexes.

Pour illustrer les résultats produits par l’indicateur et pour passer en revue les effets de l’agriculture sur l’environnement, on a recours à des « scénarios » agroenvironnementaux (utilisation d’eau dans l’agriculture et conséquences pour les ressources hydriques ; utilisation d’engrais agricoles et effets sur la qualité de l’eau ; utilisation des terres agricoles, gestion des exploitations et sols ; changement climatique et qualité de l’air ; biodiversité et paysage).

Le rapport fait par ailleurs le point sur l’utilité de chaque indicateur IRENA, évaluée selon différents critères quantitatifs ou conceptuels tels que la pertinence de la politique menée, la fiabilité des analyses ou la facilité d’interprétation.

Le rapport met en évidence les évolutions de l’agriculture européenne qui sont lourdes de conséquences pour l’environnement, par exemple le fait que la superficie agricole utilisée (SAU) a baissé de 2,5 % entre 1990 et 2000, recul principalement imputable aux prairies et cultures permanentes.

Pendant la même période, on a constaté la persistance des tendances observées en matière d’exploitations agricoles et de spécialisation régionale, et une stabilisation dans le domaine de l’agriculture intensive. La diminution globale de l’utilisation des intrants et la progression des rendements attestent une augmentation de la productivité et une gestion agricole plus efficaces.

L’agriculture biologique a été pratiquée en 2002 sur 3,7 % de la SAU totale de l’UE-15, soit plus du double du chiffre de 1998 (1,8 %). Rapportée à la SAU totale, la part en pourcentage des terres agricoles concernées par des mesures agroenvironnementales - spécifiquement axées sur une amélioration de la situation écologique - est passée de 20 % en 1998 à 24 % en 2002.

Pour ce qui est des ressources en eau, la superficie des terres irriguées a augmenté pendant la dernière décennie de 12 % au niveau de l’UE et de près de 30 % dans le bassin méditerranéen, alors qu’elle demeurait stable tant dans les régions septentrionales (7 %) que méridionales (50 %) de l’Europe, essentiellement grâce à une utilisation plus efficace des ressources hydriques.

De 1990 à 2000, on a pu observer une baisse généralisée des bilans nutritifs bruts nationaux, mais il convient de noter à cet égard que les charges de bétail à l’hectare continuent de poser des problèmes dans certaines régions. Des estimations relatives au risque d’érosion des sols donnent à penser que la situation reste inquiétante, en particulier dans le sud et l’ouest de l’Espagne, dans le nord du Portugal, dans le sud de la Grèce et dans le centre de l’Italie.

En 2002, le secteur agricole a contribué pour quelque 10 % aux émissions totales de gaz à effet de serre (essentiellement du méthane et de l’oxyde d’azote), chiffre inférieur de près de 9 % à celui enregistré en 1990 ; cette amélioration s’explique surtout par une diminution du cheptel, par un moindre recours aux engrais minéraux et par l’évolution des méthodes d’exploitation agricole.

Le rapport souligne également que l’agriculture concourt à la lutte contre l’effet de serre en ce sens qu’elle produit des matières bioénergétiques remplaçant des combustibles fossiles.

Quant aux émissions d’ammoniac, elles ont régressé de 9 %. Il n’en demeure pas moins que le secteur agricole était encore en 2002 le principal responsable des émissions d’ammoniac dans l’UE-15.

Les terres particulièrement intéressantes sur le plan du patrimoine naturel, c’est-à-dire celles qui présentent la plus grande biodiversité, se situent principalement dans le bassin méditerranéen, dans les régions collinaires du Royaume-Uni et de l’Irlande et dans les montagnes et diverses zones de la Scandinavie ; on estime qu’elles couvrent environ 15 à 25 % de la SAU totale de l’UE-15.

Pour la plupart des espèces, les effectifs d’oiseaux des champs ont accusé une forte baisse entre 1980 et 2002. Ils se sont stabilisés dans les années 90, mais il y a toujours très peu de biodiversité à cet égard dans les zones d’agriculture intensive. Il apparaît également que les systèmes d’agriculture extensive revêtent une grande importance pour la préservation de la biodiversité et des paysages, car quelque 18 % des habitats situés dans les zones Natura 2000 sont tributaires de la poursuite des pratiques agricoles traditionnelles.

Le rapport montre que de notables progrès ont été accomplis en matière de mise au point d’indicateurs agroenvironnementaux au niveau de l’UE-15. Il reste toutefois un certain nombre de défis à relever pour tirer pleinement parti des possibilités offertes par les indicateurs en ce qui concerne la définition de la politique à mettre en œuvre.

Le texte intégral du rapport et les fiches relatives aux indicateurs peuvent être consultés sur le site web IRENA : http://webpubs.eea.europa.eu/content/irena/index.htm


Info. presse UE lien : http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do ?reference=IP/05/1693&format=HTML&aged=1&language=FR&guiLanguage=fr