Les exactions de chasseurs extrémistes de l’estuaire de Seine se succèdent : Le monde de la chasse a-t-il à y gagner ?



Communiqué de la Ligue de Protection des Oiseaux de Haute-Normandie.

Depuis plusieurs mois, les exactions de chasseurs extrémistes de l’estuaire de Seine se succèdent :
- attaque contre la Préfecture de région le 17 décembre 2005.
- agression du conseil d’administration de la LPO par un commando masqué, le même jour.
- incendie de locaux et d’un tracteur du gestionnaire de la réserve nationale de l’estuaire.
- fausses inscriptions signées LPO sur des bâtiments de l’estuaire pour essayer (de manière dérisoire) de porter atteinte à l’image pacifique de notre association.
- Dégradation de l’observatoire ornithologique.

Le 10 juin, c’est un de nos administrateurs, Frédéric Malvaud, membre du Conseil Economique et Social de Haute-Normandie, membre du conseil scientifique de la Réserve de l’estuaire, qui a été agressé alors qu’il faisait un comptage des fauvettes aquatiques de la Réserve. Agressé verbalement, menacé, il a retrouvé sa voiture toutes vitres brisées. Manœuvre d’intimidation, croyance de ces chasseurs extrémistes en leur impunité, signe d’un état de non droit dans l’estuaire de la Seine.

Aujourd’hui, tout citoyen qui veut se promener dans cette Réserve naturelle, pourtant propriété de l’Etat, est en danger.

Une plainte a évidement été déposée. Nous attendons encore une fois que les organisations de chasseurs condamnent ce nouvel acte de violence et surtout qu’elles cessent le double langage, consistant à condamner du bout des lèvres, puis à écrire ensuite qu’elles comprennent les coupables et qu’elles soutiennent « les chasseurs de gibier d’eau qui sont des chasseurs comme les autres, à la différence qu’ils font un peu plus de bruit » (A. Durand, Président de la fédération 76 des chasseurs, juin 2006).

Car ici, il ne s’agit pas de « plus de bruit », mais bien d’actes criminels. A quand un drame dans l’estuaire de la Seine ? Nous attendons aussi des pouvoirs publics qu’ils se décident enfin à restaurer l’ordre républicain dans l’estuaire.

On peut en effet s’interroger sur l’absence de réaction du Préfet de Haute-Normandie face à l’existence d’un site Ligue pour la Protection des Oiseaux Haute-Normandie.

Le Conseil d’Administration de la LPO-HN rappelle enfin que la LPO est une association pacifique, respectueuse des idées différentes des siennes, et donc respectueuse des chasseurs, prête à toute démarche commune avec les organisations de chasseurs dès lors que celles-ci se décideront à nous aider contre les extrémistes violents.

Gageons que si ce n’est pas le cas, l’opinion publique finira par considérer que c’est bien l’ensemble du monde de la chasse qui porte une responsabilité dans les actes contre les biens et les personnes.

Le monde de la chasse a-t-il à y gagner ?