Les déversoirs d’orage des réseaux unitaires de collecte des agglomérations



De nombreux réseaux d’égouts d’agglomérations sont encore en système unitaire recueillant à la fois eaux usées et eaux pluviales (eaux des des rues, des toitures, etc..). Les eaux usées sont mélangées avec les eaux de pluie, ce qui perturbe le fonctionnement des stations d’épuration.

Mais surtout, en période de pluies, beaucoup trop d’eau arrive : II est donc nécessaire qu’un réseau unitaire puisse déborder dans l’environnement. Tout l’écoulement ne peut être conduit à la station d’épuration.

Des déversoirs d’orage situés en certains points du réseau, et avant la station d’épuration, le permettent.

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Une grande partie des eaux usées collectées par le réseau d’assainissement unitaire n’est donc pas traitée

Le déversoir d’orage est une sorte de soupape de sécurité du réseau d’assainissement unitaire.

Ces « débordements » du réseau d’égouts, lors des pluies, peuvent causer de fortes pollutions, d’autant que leur rejet est le plus souvent envoyé dans un cours d’eau, un fossé rejoignant un ruisseau, ou une cavité du sol, servant de "puits perdu". Des effluents non traités sont directement rejetée dans l’environnement...

Les réseaux unitaires sont donc à proscrire et devraient être remplacés par des réseaux séparatifs permettant de traiter la totalité des eaux usées par les stations d’épuration. (*)

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Un déversoir d’orage en bien mauvais état mais...pédagogique !

La réglementation exige un "bon fonctionnement" des déversoirs d’orage, mais celui-ci peut-il être bon ?

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Selon les textes, les déversoirs d’orage doivent être conçus et exploités de manière à éviter les fuites et à acheminer à la station d’épuration les flux correspondant à un débit de référence (calculé par rapport à la pluviosité sur l’agglomération). « En particulier, aucun déversement ne peut être admis en dessous de leur débit de référence ».

Par des mesures de débits et de pollution au niveau d’un déversoir d’orage, il est théoriquement possible de bien connaitre le fonctionnement d’un système d’assainissement en période pluvieuse. Il est ensuite possible d’améliorer au mieux le réglage du déversoir.

Les prescriptions techniques concernant les déversoirs d’orage sont fixées dans l’arrêté du 22 juin 2007 « relatif à la collecte, au transport et au traitement des eaux usées des agglomérations d’assainissement ainsi qu’à la surveillance de leur fonctionnement et de leur efficacité, et aux dispositifs d’assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique supérieure à 1,2 kg/j de DBO5 » c’est-à-dire à plus de 20 E.H. (équivalents habitants)

(Cet arrêté concerne également les ouvrages de collecte et d’épuration soumis à déclaration ou autorisation à la nomenclature IOTA ( au delà de 12kg de DBO5, c’est à dire 200 E.H.)

Les déversoirs d’orage font partie intégrante du système de collecte. L’article 5 de l’arrêté précise que :

- « Les systèmes de collecte doivent être conçus, dimensionnés, réalisés, entretenus et réhabilités conformément aux règles de l’art et de manière à éviter tout rejet direct ou déversement en temps sec de pollution non traitée ;

- « Les points de délestage du réseau et notamment les déversoirs d’orage des systèmes de collecte unitaires sont conçus et dimensionnés de façon à éviter tout déversement pour des débits inférieurs au débit de référence et tout rejet d’objet flottant en cas de déversement dans les conditions habituelles de fonctionnement ».

Les communes doivent mettent en place une surveillance des systèmes de collecte des eaux usées et des stations d’épuration en vue d’en maintenir et d’en vérifier l’efficacité. Voir l’article 17 de l’arrêté du 22 juin 2007.

Autres dispositions concernant les grosses agglomérations

« Les déversoirs d’orage et dérivations éventuelles situés sur un tronçon destiné à collecter une charge brute de pollution organique par temps sec supérieure à 120 kg/j de DBO5 (= 2000EH) et inférieure ou égale à 600 kg/j de DBO5 font l’objet d’une surveillance permettant d’estimer les périodes de déversement et les débits rejetés.

Les déversoirs d’orage et dérivations éventuelles situés sur un tronçon destiné à collecter une charge brute de pollution organique par temps sec supérieure à 600 kg/j de DBO5 font l’objet d’une surveillance, permettant de mesurer en continu le débit et d’estimer la charge polluante (MES, DCO) déversée par temps de pluie ou par temps sec ». (Article 18 de l’arrêté du 22 juin 2007.

Le système de collecte des agglomérations produisant une charge brute de pollution organique supérieure à 600 kg/j de DBO5 (= 10000 E.H.) doit être conçu ou adapté pour permettre la réalisation dans des conditions représentatives, de mesures de débit aux emplacements caractéristiques du réseau y compris la mesure du débit déversé par le déversoir d’orage situé en tête de station d’épuration.

Le système de collecte des agglomérations produisant une charge brute de pollution organique supérieure à 6 000 kg/j de DBO5 (= 100 000 E.H.) doit être muni de dispositifs de mesure de débit aux emplacements caractéristiques du réseau, y compris sur le déversoir d’orage situé en tête de station.

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Arrêté du 22 juin 2007 « relatif à la collecte, au transport et au traitement des eaux usées..etc »


Consulter la page : Assainissement des eaux usées des agglomérations. Règlementation.

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(*) La pollution des eaux pluviales des agglomérations, n’est pas la même que celle des eaux usées. Les eaux de début de pluie, qui ont "nettoyé" les rues, sont le plus chargées. Elles peuvent être traitées en bassin de décantation spécifique avant rejet.