Les algues vertes responsables de l’importante mortalité estivale de sangliers sur les rivages de Côtes d’Armor.



Entre le début du mois de juillet et la première semaine d’août 2011, une mortalité importante d’animaux sauvages avait été constatée dans l’estuaire du Gouessant, dans la Baie de Morieux dans les Côtes d’Armor. (36 sangliers, 3 ragondins, 1 blaireau).

L’INERIS avait été chargé par le ministère en charge de l’écologie, d’étudier le phénomène. Elle vient de rendre public son rapport sur l’interprétation des causes de mortalité de ces animaux.

En voici les conclusions :

« Dans le but d’établir les causes de mortalité de sangliers, ragondins et blaireau dans l’estuaire du Gouessant, trois hypothèses ont été envisagées, exposition à des cyanobactéries, à des substances toxiques ou à de l’H2S.

Il existe peu d’arguments en faveur de l’empoisonnement par des substances de type pesticide. En effet, si les symptômes observés sont cohérents avec ceux dus à ce type de substances, aucune analyse de toxique ne corrobore cette hypothèse. A noter néanmoins que la liste des substances recherchées, bien que robuste, ne saurait être exhaustive.

L’hypothèse de l’empoisonnement lié à une exposition à des toxines produites par des cyanobactéries ne peut être écartée à ce stade. En effet, des espèces produisant des toxines induisant le même type de symptômes que ceux relevés ont été observées, les toxines en question (anatoxines) n’ayant en revanche pas été retrouvées dans les échantillons analysés.

Enfin, les niveaux de concentration en H2S dans les différents milieux de la baie, les niveaux de concentration mesurés dans les poumons ou le sang des animaux morts et les symptômes observés concourent à retenir l’hypothèse d’une intoxication par l’H2S comme hautement probable.

Par ailleurs, la décision de fermer la plage de Morieux n’est pas de nature à réduire le risque pour la faune sauvage. Il est important de rappeler de plus que l’hydrogène sulfuré atteint l’appareil olfactif des animaux à des concentrations n’entraînant pas la mort des individus. Il faut alors souligner l’importance pour les animaux sauvages du sens de l’odorat pour la recherche de nourriture, la recherche de partenaire sexuel et la détection du danger. Les données de la littérature semblent indiquer par ailleurs que la présence de H2S dans l’air ambiant s’accompagne d’un appauvrissement de la biodiversité provoqué par le phénomène d’évitement de la faune.

Au vu de ces dernières observations, il semble important d’un point de vue environnemental de ne pas négliger l’aspect chronique des expositions à l’hydrogène sulfuré et maintenir l’effort pour réduire la formation des algues vertes ».

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Ce rapport peut être intégralement consulté sur le site de l’INERIS , lien : http://www.ineris.fr/ressources/recherche/iddoc=1893