Les adjuvants des revêtements de façade : une source méconnue de pollution des eaux mise en évidence.



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Les crépis modernes des pollueurs discrets !

Des chercheurs suisses ont mis en évidence que des substances provenant du lessivage par les pluies des peintures et crépis couvrant les façades de zones urbanisées, sont entraînées vers le milieu naturel, elles peuvent y être toxiques pour les organismes vivants.

Des pointes de pollution à la première pluie

Ils ont notamment réalisé des essais sur un certain nombre de constructions nouvelles dans la région de Zurich. « Leurs résultats montrent que les premières eaux ruisselant des façades de maisons fraîchement crépies ou peintes présentent des concentrations de biocides extrêmement élevées. Ainsi par exemple, une teneur de 7000 µg/l a été mesurée pour le diuron (algicide) dans le premier litre s’écoulant des façades. S’il devait être déversé dans un ruisseau, ce litre de lessivat devrait donc être dilué 70 000 fois pour que les exigences de l’Ordonnance sur la protection des eaux soient respectées. Ceci montre bien que l’infiltration des eaux de façade et les rejets d’eaux urbaines dans les petits cours d’eau ne vont pas sans poser problème. Il est vrai, cependant, que les concentrations de polluant diminuent ensuite rapidement à mesure que les pluies se poursuivent ou se répètent. Les taux d’entraînement par lessivage dépendent non seulement de la solubilité des différents produits mais également de leur degré de dégradation photochimique et des propriétés des peintures ou crépis utilisés ».

"Les additifs en cause sont des substances ajoutées en petites quantités à des produits pour leur conférer certaines propriétés. Ce terme général englobe par ex. les antioxydants, les filtres solaires et les retardateurs de flamme. Les biocides en font également partie mais, de par leur action spécifique sur les organismes, ils sont régis par l’Ordonnance sur les produits biocides (OPBio) qui réglemente leur mise sur le marché, leur utilisation et leur déclaration.

L’OPBio suisse en vigueur depuis 2005 s’appuie sur la Directive européenne 98/8/CE sur les produits biocides.

Pour le traitement fongicide et algicide des façades, un nombre assez restreint de biocides est utilisé en mélange dans les crépis et peintures à liants synthétiques. Ils renferment pour partie des substances actives déjà connues du domaine agricole comme par ex. le diuron et l’isoproturon, deux herbicides à action algicide. Certains composés sont interdits d’utilisation agricole (comme la terbutryne) ou interviennent dans d’autres domaines - comme la cybutryne, un algicide utilisé dans les peintures pour bateaux".

Pour en savoir plus, on lira utilement l’intégralité de l’article « Les revêtements de façade : une source méconnue de pollution des eaux » sur le site des autorités fédérales de la Confédération suisse