Le rapport annuel de l’Agence de l’eau RMC cartonne les pesticides agricoles, et en particulier le glyphosate, responsables de la pollution des rivières.



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Selon le rapport annuel de 2010 publié par l’’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse sur la qualité des eaux (cours d’eau et nappes) , 51 % des rivières des bassins Rhône-Méditerranée et Corse1 affichent un bon état écologique.

Aujourd’hui la pollution par les pesticides et les altérations physiques des rivières (modification du débit, seuils et barrages, endiguement…) constituent les principaux facteurs de dégradation de la qualité des eaux.

Des rivières polluées par les micropolluants, à commencer par les pesticides

Selon le communiqué de l’Agence de l’eau RM & C présentant ce rapport « même présents en petite quantité dans le milieu (de l’ordre du microgramme/litre), les micropolluants (pesticides, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), PCB…) sont toxiques pour la faune aquatique, la flore et pour l’homme.

Le plus répandu des pesticides, le glyphosate (substance active du Round-up®, herbicide utilisé en zones agricoles sur toutes cultures et aussi par les collectivités et les particuliers) se retrouve dans les trois quarts des cours d’eau et atteint des concentrations seulement 50 fois inférieures aux seuils sans effet connu sur la santé humaine en 5 points dans l’Hérault, les Pyrénées orientales et la Côte d’Or. Les sites qui contiennent ces fortes teneurs en glyphosates sont en mauvais état écologique (par exemple mauvais état des microalgues fixées sur le fond des rivières).

Le plus alarmant, c’est la présence également dans 60% des rivières et 45% des nappes de 6 pesticides interdits d’usage depuis 2003, dont l’atrazine.

Leur présence dans les eaux courantes est la preuve d’un usage actuel, bien qu’illicite. Les pollutions aux pesticides obligent certaines collectivités à des traitements de dépollution afin de produire de l’eau potable ce qui entraîne des coûts importants.

La présence de pesticides dans les rivières et les nappes est d’autant plus préoccupante que l’on n’observe aucune évolution significative à la baisse.

Au total la moitié des nappes sont polluées (au-delà des normes de qualité). L’Agence de l’eau invite à renforcer les actions pour réduire l’utilisation de pesticides.

Autres micropolluants contaminant nos rivières, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), cancérogènes issus de la combustion des matières fossiles (bois, charbon, pétrole…). Ils sont présents sur 97 % des sites de surveillance. Cette pollution est particulièrement significative à proximité des zones fortement urbanisées et/ou industrialisées. Ce sont les grands et très grands cours d’eau (Rhône, Saône, Doubs) qui sont contaminés par le plus grand nombre de HAP, avec parfois un cocktail de 18 molécules différentes.

Concernant les PCB, toxiques pour l’environnement et cancérogènes, les niveaux de concentrations mesurées ne sont très élevés (plusieurs milliers de μg/kg) que dans les sédiments du Tillet, affluent du lac du Bourget en Savoie.

Interdits en France depuis 1987, les PCB sont pour autant toujours présents dans l’environnement du fait de leur stabilité et de leur persistance.

Au global, les micropolluants sont présents sur la totalité des sites de surveillance. Pour les plus contaminés d’entre eux (Rhône, Saône, Vouge…), plus de 100 substances différentes ont été mises en évidence. On peut s’interroger sur les effets que peuvent avoir de tels cocktails sur la faune et la flore aquatique ».

Et l’artificialisation des rivières

Le rapport de l’agence pointe également l’artificialisation des rivières comme coupable du mauvais état écologique : Parmi les rivières en mauvais état écologique 2/3 ont subi de graves déformations physiques (débits modifiés, construction de seuils, de barrages ou de digues). Les poissons comme les truites, les ombres communs ou les brochets ne peuvent plus se reproduire dans ces conditions….

Le rapport complet est disponible sur www.eaurmc.fr