Le piégeur, destructeur d’espèces protégées du Camp du Valdahon, condamné.


Le 17 novembre 2004, le Tribunal Correctionnel de Besançon a rendu sa décision dans l’affaire de destruction de rapaces sur le territoire du camp militaire de Valdahon.

Un piégeur agréé, agissant pour le compte de la société de chasse du camp, procédait à l’élimination de rapaces (notamment des spécimens de Buses variables), capturés dans des cages pièges.


En 2002, de telles cages destinées à piéger les corvidés sont découvertes dans le camp de Valdahon. Dans l’une d’elles, une buse variable, vivante !

Les gardes nationaux de l’ONC se mettent en planque. Ils finissent par voir arriver un des piégeurs agréés de la société de chasse du camp militaire armé d’un grand bâton. L’individu, au lieu de relâcher l’oiseau protégé, le tue à coups de bâton dans le champ de vision des gardes nationaux qui constatent le flagrant délit. L’intéressé a reconnu par la suite que ce n’était pas la première fois.

Ceci confirmait les rumeurs persistantes de destructions d’espèces protégées à l’intérieur du camp militaire !

A la suite de ce constat, d’autres rumeurs circulèrent pour annoncer que les autorités militaires couvraient les agissements du "délinquant" et que d’ailleurs les gardes de l’ONC n’étaient pas compétents dans le territoire du camp militaire !

Les faits ont semblé leurs donner raison, car le Procureur de la République a classé l’affaire !

La CPEPESC, trouvant cela particulièrement inacceptable, a décidé d’apporter son soutien et ses compétences au GNFC afin qu’une plainte motivée avec constitution de partie civile arrive directement dans les mains d’un juge d’instruction, d’où malgré tout l’aboutissement du dossier devant le juge correctionnel

La peine principale prononcée par le Tribunal a concerné le retrait du permis de chasser, avec interdiction de solliciter un nouveau permis pendant 30 mois.

A titre de peine complémentaire, le Tribunal a également ordonné la publication d’un communiqué faisant état de ce jugement dans l’Est Républicain et le Journal des Piégeurs, comme l’avait demandé la CPE à titre pédagogique.

Les quatres associations de protection de la nature (le GNFC, la LPO, DNE et la CPE) ont été reçues dans leur constitution de partie civile.

A l’heure où le gouvernement actuel accorde sans sourciller l’agrément « protection de l’environnement » aux associations de piégeurs, cette affaire renforce l’idée selon laquelle le lobby des piégeurs n’est qu’une barbare activité de "loisirs" issue d’un autre âge !!

Des comportements délictueux, à l’image de ceux révélés par cette affaire, ne semblent malheureusement pas isolés dans le monde des piégeurs.