Le phosphore, les nitrates et le sol.



Le phosphore

Dans la partie superficielle du sol, le phosphore du sol est fourni par la dégradation de la matière organique des végétaux et animaux morts (phosphore organique).

Il l’est aussi de façon plus réduite, par la lente décomposition de la roche (phosphore minéral).

Le phosphore est avec l’azote et le potassium, un des nutriments indispensables au développement des végétaux.

Dans le sol, seul le phosphore en solution dans l’eau du sol peut être prélevé par les racines des plantes, soit moins de 0,5 % du phosphore total du sol.

Sur les terres agricoles, les récoltes successives réduisent le stock de phosphore disponible dans le sol, il est donc nécessaire de l’amender avec des apports de fertilisants phosphatés. Sont alors utilisés du phosphore organique (fumiers, lisiers, boues de stations d’épuration,..) ou des phosphates minéraux industriels (phosphates provenant de gisements marocains).

Des sols sur-fertilisés et servant de poubelles à lisier !

Les excès d’épandage de fertilisants phosphates et nitrates sur les sols cultivés par l’agriculture intensive constituent aujourd’hui la source de pollution majeure des eaux souterraines et des rivières.

La même agriculture intensive se débarrasse trop souvent de grandes quantité de lisiers agricoles, riches en nitrates et phosphates, par épandages excessifs qui dépassent les capacités de fixation par les sols.

Les fertilisants qui ne sont par fixés au niveau des végétaux et de l’humus sont facilement entrainés par l’eau.

- Les nitrates sont extrêmement solubles et entrainables par les eaux de ruissellement ou d’infiltration et se retrouvent rapidement dans les eaux souterraines et les cours d’eau. (Au delà de 8 mg/l de nitrates dans l’eau d’une rivière, il y a menaces d’eutrophisation).

La valeur agronomique d’un intrant organique se définit essentiellement au plan de l’apport d’azote :

- Sa valeur amendante : capacité à augmenter la teneur en matières organiques du sol pour en améliorer le bio fonctionnement, (azote organique).

- Sa valeur fertilisante : teneur en éléments nutritifs assimilables par les plantes (azote minéral).

- Le phosphore est moins soluble, il est néanmoins facilement entrainé par le ruissellement vers le réseau hydrographique. L’infiltration du phosphore vers les eaux souterraines est théoriquement plus limitée que pour les nitrates, mais à la condition qu’existe un sol superficiel (tapis végétal, humus, terre arable,...) suffisamment profond pour servir de filtre.

Mais dans les régions calcaires à sous-sol fissurés, le réseau de fentes et de conduits karstiques favorise l’entrainement du phosphore vers les eaux souterraines et leurs résurgences, sources des rivières.

Enfin la capacité de stockage du phosphore d’un sol reste limité. (Il peut même y avoir ultérieurement des phénomènes de relargages vers les eaux).

Ainsi, l’infiltration du phosphore dans le sol peut être grandement favorisée par :
- des sols superficiels inexistants ou peu épais en certains lieux, ou la présence de cavités, dolines, pertes, etc.
- des déversements localisés d’effluents ou de déjections organiques saturant le sol à leur niveau.
- des épandages agricoles de lisiers ou d’engrais, excessifs par rapport à la capacité agronomique de rétention du sol,
- des fuites d’installations ou de fosses d’effluents,...
- des puits perdus (pratique pourtant interdite).