Chantier TGV : massacre à la tronçonneuse !



Depuis le lancement du chantier du TGV Rhin-Rhône, le maître d’ouvrage, Réseau Ferré de France (RFF), ne lésine pas sur les moyens : plaquette d’information, campagne de presse, etc. avec un seul leitmotiv, la prise en compte de l’environnement est optimale, tout étant mis en œuvre pour protéger au mieux les milieux naturels.

Pourtant, il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour constater que la pratique n’était pas forcément en accord avec le discours.

Une première alerte est tombée en février : la CPEPESC a appris qu’une surface importante d’une forêt humide, plusieurs dizaines d’hectares, dont une partie non négligeable abritant un habitat d’intérêt communautaire, devait servir de zone de dépôt aux déblais de la ligne. Ce boisement humide a sans doute pu être épargné grâce aux interventions des associations.

Tronçonneuses à Grande Vitesse

Visiblement, la leçon n’a pas été comprise. Nous venons en effet de constater qu’une colonie nicheuse de Héron cendré, espèce intégralement protégée sur le territoire national, venait de faire les frais des travaux du chantier TGV.

Cette colonie était implantée en rive gauche de l’Ognon sur la petite commune de Chevroz (25), sur le tracé même de la ligne. Les travaux d’abattage des arbres supportant les nids ont débuté début mars et se sont achevés quelques jours plus tard en pleine période d’incubation des œufs ou d’élevage des poussins.

Ces faits sont d’autant plus graves et inquiétants que l’information était connue de RFF.

Notre association avait précisément fait inscrire à l’ordre du jour de la prochaine réunion du comité de suivi environnemental un point concernant le devenir de cette colonie.

On sait maintenant ce qu’elle est devenue… reste à compenser ce gâchis !! En attendant, la CPEPESC envisage de saisir la justice pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les responsabilités soient clairement établies.


Pour mémoire, la destruction d’une espèce protégée comme le Héron cendré constitue une infraction avec les articles L. 411-1, L. 411-2 du Code de l’environnement. Il s’agit même d’un délit prévu et sanctionné par l’article L. 415-3 de ce même code.