Lancé en 2001, le projet de Plan de Protection contre les Risques d’inondations (PPRi) du Doubs (zone centrale) sera t il enfin officialisé en 2007 ?



Après les avatars d’une première étude (bureau d’étude ISL) très critiquée par les élus, une réunion d’information des maires a eu lieu le 12 octobre 2005 à la salle polyvalente de Novillars pour présenter les résultats d’une seconde expertise. Y intervenaient, le Préfet, le DDE, la DIREN, le syndicat mixte Saône et Doubs (maître d’ouvrage délégué par la DIREN), deux bureaux d’étude concernés.

Malgré la répétition des désastres liés à l’urbanisation des zones inondables, la réticence des responsables locaux à la mise en place des PPRi reste toujours palpable.

A Novillars, madame le maire ouvre la séance en s’adressant au préfet du Doubs pour déplorer, entre autres arguments, les contraintes annoncées du « PPRi inondations » qu’il faut mettre en œuvre parce qu’en amont « on n’a pas prévu de barrages de régulation du Doubs »

Le Préfet qui prend la parole ensuite pour présenter le projet de PPRi n’a pas de mal à faire revenir les considérations à plus de réalités. Il déclare que l’objet du PPRi n’est que de prendre en compte des risques réels sur des données établies. Quant aux barrages régulateurs, il rappelle fort à propos que « même les plus belles digues du monde sautent comme à la Nouvelle Orléans ». Il faut tenir compte du principe de sécurité et actuellement en l’absence de PPRi, c’est le règne de l’incertitude pour les secteurs potentiellement inondables. Cette situation apporte en fait plus de contraintes en raison de l’inconnu. Le préfet souligne que « l’intérêt commun de l’Etat et des élus est celui d’une lisibilité des risques ».

Le bureau d’étude SOGREAH présente ensuite son travail et ses résultats par rapport à la première expertise. La base de calcul est la même, le bureau d’étude confirme le débit de crue centennal du Doubs calculé par ISL de 1750m3 par seconde. Il a particulièrement travailler sur la modélisation de la représentation des ponts de la ville de Besançon dans les écoulements et effectué une reprise de la cartographie de la zone inondable. La hauteur maximum des eaux de l’inondation centennale théorique calculée par SOGREA reste voisine de celle proposée par la première étude. Elle est seulement un peu réduite au centre ville par la modélisation des ponts mise en œuvre.

- Question du maire de Chalezeule. La crue de 1910 est elle une crue centennale ? Par des jaugeages précis l’écoulement de la crue de 1910 avait été précisément estimé ce qui confirme les résultats actuels. La crue de 1910 était peut être la plus forte depuis 300 ans... mais la Loire a connu 3 crues centennales en 20 ans !

Le Maire de Besançon intervient pour proposer que l’on avance dans la mise en place du PPRi mais réclame que l’on étudie encore la possibilité des petits aménagements pour limiter les aléas sur le centre ville : ouverture des portes d’écluse, du tunnel, aménagements des « 8 trous » (fermer de part et d’autre de battant).

Si le tunnel pouvait laisser passer 135 m3/sec (vitesse de 5m/s) cela ferait baisser l’eau de 40 cm en amont de Besançon mais seulement de 20 cm à Battant ! Mais selon un responsable de la navigation, ouvrir les portes de garde mettrait en péril les installations à la sortie du tunnel ( pont de la route de Lyon, bâtiments du quartier, bassin de Tarragnoz avec 2 écluses sans compter les dommages au tunnel et les risques de mise en charge par les embâcles (banches, arbres amenés par la crue). Par ailleurs, il est physiquement impossible de laisser les portes des écluses ouvertes

La suite des opérations est présentée. Le bureau d’étude BCEOM est chargé d’établir la carte des enjeux de DELUZ à AVANNE en consultant les communes. Pour tout le reste de la zone centrale, (de Lougres à St Vit) c’est la DDE qui fera le travail. Toutes les communes vont recevoir la cartographie établie par le bureau d’étude SOGREA. A la suite un croisement des aléas (suivant les hauteurs d’inondation) et des enjeux sera effectué avant établissement du projet par l’administration. Celui-ci sera soumis à délibération des communes en mai juin 2006 pour être ensuite soumis à enquête publique et enfin officialiser en 2007...au bout de 6 ans d’instruction ! Les dérèglements climatiques paraissent avancer plus vite que les PPRi

A l’occasion de cette réunion, une note datée du 4 octobre avait été adressée aux participants sur la situation du projet de PPRi Doubs zone centrale. Il est possible de consulter ce texte sur le site de la préfecture à l’adresse : http://www.franche-comte.pref.gouv.fr/actu/info/ppri0025.pdf