La pollution par les nitrates agricoles.*


(m. à J. 15.9.14)

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En France, les 9/10ème des nitrates en excès dans le sol et que l’on retrouve dans les nappes souterraines proviennent de l’agriculture intensive. Plus de 4 millions de tonnes d’azote (engrais, lisier) sont épandues chaque année en france. (50 à 200 kg à l’ha). On estime que dans les rivières, les 3/4 des nitrates en excès sont d’origine agricole et provenant en grande partie des eaux souterraines surchargées en nitrates. Le solde de nitrates en excès (1/4) provient des rejets des agglomérations.


Conséquences dangereuses sur les eaux souterraines

Les nappes souterraines offrent depuis toujours une ressource abondante pour les prélèvements destinés à fournir de l’eau potable. La présence de plus en plus importante de nitrates dans les eaux de ces nappes (souvent associés à des pesticides) tend à les rendre de plus en plus impropres à la consommation publique, voire dangereuse (Au delà de 50 mg/l en NO3, l’eau n’est plus potable).

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Les fertilisants minéraux (engrais chimiques) contiennent de l’azote sous différentes formes, qui évoluent finalement en nitrate, composé particulièrement soluble dans l’eau. Alors que les apports de fertilisants sont donnés en kg d’azote (N) par hectare (ou unité d’azote par hectare), dans l’eau, les concentrations sont mesurées en mg de nitrates (NO3-), par litre (mg/l). Il faut savoir que 4,43 kg de nitrate contiennent 1 kg d’azote.

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Faut il suivre partout l’exemple de la Bretagne ?

Conséquences désastreuses pour les rivières

Naturellement, la présence de nitrates dans les eaux superficielles ne dépasse que rarement les 5 mg/l en NO3. Dans les rivières et les lacs, les nitrates en excès constituent, avec les phosphates (issus également de l’agriculture et des rejets urbains), des nutriments qui alimentent la croissance exubérante des algues et des végétaux aquatiques. Cette flore envahit et « asphyxie » le milieu : la faune aquatique régresse ou disparaît.

Ce phénomène est appelé "eutrophisation". Il atteint son maximum au printemps et en été, lorsque la photosynthèse est optimale.

L’azote, surtout sous ses formes, ammoniaque et nitrites, présente une certaine toxicité dangereuse pour la vie aquatique.

- Consulter : Rubrique consacrée au cycle de l’azote.

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Des zones vulnérables aux nitrates sont délimitées

par les pouvoirs publics en application de la directive européenne 91/676/CEE du 12 décembre 1991, dite « directive nitrates ». Ce sont des secteurs, ou les eaux présentent une teneur en nitrate approchant ou dépassant le seuil de 50 mg/l et/ou qui ont tendance à l’eutrophisation et où les pratiques agricoles sont plus encadrées. Il y est développé un plan d’action contre la pollution des eaux par les nitrates. Mais les résultats se font attendre. Et la France est menacée de sanctions pour mauvaise application de la directive.

- Voir page : Zones vulnérables aux nitrates. Programme d’action.

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Commentaires.

* Le plan d’action national contre les nitrates ne concerne qu’une partie de l’hexagone et répond pas, même là, efficacement aux problèmes actuels relevés dans les rivières.


Les nitrates et l’effet de serre.

Plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre auraient pour origine l’utilisation des engrais azotés. Les labours profonds et fréquents, les longues périodes ou le sol reste nu, favorisent la fuite vers l’atmosphère de grande quantité de carbone sous forme de CO2.

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Expérimentation Vittel

Pratiques agricoles, nitrates et pesticides : l’instructive expérimentation de Vittel

Les captages d’eau minérale de Vittel sont situés dans des formations calcaires vulnérables à la pollution et alimentés par un bassin versant de 5000 ha. L’objectif du programme était « Comment assurer, dans l’eau sous la zone racinaire, un taux de 10 mg/l de nitrates et de 0 mg/l de pesticides ? » A consulter.