La découverte récente de cadavres de rapaces sur la commune de Chapelle d’Huin (25) relance le débat sur l’utilisation agricole de la bromadiolone et l’empoisonnement de la faune sauvage.



Communiqué :

De récentes informations faisant état de la découverte de cadavres anciens de rapaces sur la commune de Chapelle d’Huin dans le Doubs relance le débat sur l’empoisonnement de la faune sauvage par un produit anticoagulant, la bromadiolone, utilisé par la profession agricole dans la lutte contre les rongeurs champêtres dans le Haut-Doubs, terre à Comté.

Ces cadavres ont été collectés par l’ONCFS (3 Milans royaux et 1 Buse variable, espèces intégralement protégées en France, la première fait même l’objet d’un plan de restauration) durant la semaine 39 ou encore repérés par la CPEPESC lors d’une recherche organisée le 7 octobre (1 Milan royal et 1 Renard).

La mort de ces animaux remonte à plusieurs semaines, mi-août/fin août selon toute vraisemblance. Il n’est donc malheureusement pas possible de pratiquer des analyses toxicologiques. Cependant la répétition de ces cas de mortalité en un lieu précis (tous les cadavres ont été ramassés dans le même périmètre) et la récurrence des traitements sur ce secteur (en mars/avril-août/septembre et encore maintenant) confortent l’hypothèse selon laquelle ces animaux auraient été victimes des traitements chimiques.

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(Photos d’archives cpepesc )

Depuis le début des années 2000, confronté aux lourds dégâts sur la faune sauvage non cible que les traitements chimiques laissent derrière eux, l’Etat a mis en place une stratégie de lutte à basse densité de campagnols en partant de l’idée qu’en traitant moins et en anticipant les fortes pullulations de rongeurs on diminuerait logiquement l’impact sur la faune sauvage. Ce modèle comtois est aujourd’hui souvent mis en avant. On tente même, en vain pour l’instant, de l’exporter vers d’autres régions soumises elles aussi aux pullulations de campagnols (Auvergne par exemple).

Les découvertes macabres de ces derniers jours pourraient mette à mal cette stratégie s’il s’avère que ces mortalités sont liées à un usage scrupuleux du produit comme le plan de lutte le recommande aujourd’hui. Mais on ne peut écarter la piste de dérapages (non respect de la réglementation, traitement au-dessus du seuil d’interdiction, etc.).

La CPEPESC préfère croire en cette deuxième hypothèse que devrait ou non confirmer l’enquête confiée à l’ONCFS mais, en attendant, l’association demande -comme l’arrêté préfectoral actuellement en vigueur le permet- une interruption à effet immédiat des traitements sur toute la zone incluant Chapelle d’Huin, Septfontaines, Evillers, Boujailles, etc. par précaution.

Elle se réserve le droit de saisir la justice si d’autres victimes venaient à être constatées en l’absence de suspension des traitements.