La compostière contestée de LEMUY (39) avait une installation de rejet clandestine. L’exploitant déclare forfait.



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Cette plate-forme, contestée au niveau local, a été installée à l’automne 2007 dans un secteur de pertes situé en amont immédiat des sources du Lison. Elle était destinée au compostage de matières organiques y compris les « fines grises » du SYDOM du Jura (parties fines issues du tamisage des déchets ménagers). Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui suite à un jugement du tribunal administratif de 2008. L’installation ne peut plus recevoir que des déchets verts et des boues d’épuration urbaines.

Depuis sa création, cette installation située à coté de dolines pertes, a attiré l’attention de la CPEPESC Ainsi dans un effondrement naturel, situé dans une pâture riveraine de la plateforme, des eaux brunes et polluées arrivent périodiquement par un ancien drain et s’écoulent souterrainement dans la nappe aquifère du karst qui alimente les sources du Lison proches.

Une installation clandestine de rejet de lixiviats

Mais un autre problème a particulièrement indigné l’association, le samedi 14 mars 2009, lors d’une sortie de terrain dans ce secteur, deux membres de l’association étaient venus jeter un œil au bassin chargé de recueillir les eaux de pluie et les jus pollués de la plate-forme qui doit être étanche.

Ils ont découvert qu’un gros tuyau souple et un câble électrique plongeaient dans un angle du bassin. Le ronronnement d’une pompe électrique immergée dans les lixiviats était très perceptible, ainsi que le bruit de l’écoulement dans le tuyau.

Ce tuyau et ce câble disparaissaient ensuite dans une sorte de regard en béton empli de grosses pierres et situé en bordure de la plate-forme bitumée. Le liquide semblait donc envoyé dans une conduite souterraine, se dirigeant sans doute vers l’autre partie de l’installation.

Dans le processus de l’installation de compostage, les lixiviats ne peuvent être éliminés que par arrosage des matières à composter pour favoriser leur fermentation. Il est interdit par la préfecture de le rejeter pour s’en débarrasser dans le sol.

Mais ce jour là, aucune activité n’était en cours sur la plate-forme et le grand hangar béant. Aucun camion citerne nulle part en train d’être rempli pour une évacuation de lixiviats en excès vers une station d’épuration. (En raison de la forte pluviométrie sur le Jura, il est impossible que tous les lixiviats soient éliminés entièrement par l’arrosage des broyats et ce d’autant que depuis le début de l’hiver cette activité a été semble-t il momentanément stoppée par l’entreprise).

Les deux membres de l’association ont alors traversé à pied la plate-forme pour essayer de voir où pouvaient aboutir les effluents pompés.

Arrivés près de l’angle du bâtiment, ils ont observé un tuyau souple sortant du mur posé sur le biofiltre (sorte de casier entouré sur trois coté d’un muret, empli de granulat).

Mais rien ne s’écoulait du tuyau étalé sur le biofiltre. Pourtant ils entendirent en léger bruit d’eau s’écoulant et provenant de la direction la descente d’eau pluviale du toit du bâtiment, alors même qu’il ne pleuvait pas !

Cette gouttière descend dans le sol de la plate-forme bitumée pour rejoindre probablement le puits perdu dont l’existence est signalé au dossier de déclaration.

En regardant de plus près, ils aperçurent un tuyau mal dissimulé dans le granulat , dérivant la sortie du tuyau du mur, longeant le mur et se dirigeant vers la base du tuyau de descente de toiture ! Il y avait un écoulement également perceptible dans ce tuyau qui devait manifestement rejoindre dans le sol l’évacuation de la gouttière dans laquelle le bruit se propageait. Le pied de la gouttière est d’ailleurs dissimulé sous des granulats du biofiltre.

La DRIRE et le Procureur de la République alertés

Après avoir informé la DRIRE du Jura, qui n’a pu que constater l’existence de cette « installation sauvage de rejet » , l’association a porté plainte contre X.

Les installations de compostages ont pour objectifs de réduire la pollution par le recyclage des déchets organiques. Elles reçoivent des financements publics pour cela.

Elles devraient donc être irréprochables et certainement pas installées sur des sols qui sont de véritables passoires en amont de notre plus belle résurgence comtoise.


PS : Cette information n’a été délivrée volontairement que tardivement, pour laisser aux services saisis le temps de faire leur travail d’enquête en toute sérénité .

Cette "découverte" a semble-t-il été le coup de grâce ! L’exploitant de la compostière a décidé depuis d’abandonner les lieux. Tant mieux pour le Lison !