LOUE, DOUBS franco-suisse : Compte rendu de la Préfecture de la réunion MISE du 20 avril 2011



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Point Loue et rivières comtoises

"Le Préfet du Doubs a réuni mercredi 20 avril 2011 la Mission Interservices de l’eau, élargie à l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de l’eau, pour un nouveau point sur la Loue, où il a été aussi question du Doubs Franco-Suisse et plus largement des rivières comtoises.

La réunion a d’abord permis de faire un point de situation des cours d’eau. Cette année, la situation météorologique (persistance d’un temps chaud et sec très précoce), et les faibles débits sont préoccupants pour l’ensemble des rivières ;

mais c’est le Doubs, dans sa portion franco-suisse, puis jusqu’à Montbéliard, qui connaît des mortalités de poissons fortes : il n’a pas été noté la présence de cyanobactéries - dont le développement important avait été corrélé l’an dernier aux mortalités de poissons – mais celle d’une maladie causée par un champignon, la saprolégniose, que l’on rencontre en général sur les poissons d’élevage.

Des prélèvements de poissons ont été réalisés, côté suisse et côté français, pour des analyses plus approfondies. Une part importante des échanges a été consacrée aux importants travaux en cours pour améliorer le suivi des rivières comtoises et surtout comprendre les phénomènes qui les affectent.

Le groupe d’experts local mis en place à la demande du Préfet et piloté par l’Agence de l’Eau suite aux mortalités de poissons de l’an dernier a présenté le dispositif de suivi renforcé mis en place ce printemps sur la Loue, le Doubs et l’Ain, rivières affectées par ces phénomènes, mais aussi sur deux autres rivières non affectées, le Cusancin et le Dessoubre. Ce dispositif permet de mieux décrire les phénomènes rencontrés - par exemple les développements d’algues - et d’alerter sur d’éventuelles détériorations de la qualité de l’eau.

Ces travaux sont articulés avec une expertise nationale demandée à l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques, dont les responsables participaient à la réunion : il s’agit là de mieux comprendre les causes de développement des cyanobactéries constaté en 2010 et leur lien avec les mortalités de poissons.

Plusieurs axes de recherche sont déterminés, ils seront approfondis par une équipe pluridisciplinaire de 12 scientifiques hautement spécialisés, constituée à cet effet. En juin prochain, un séminaire réunira groupe d’experts locaux et équipe scientifique nationale, pour faire la synthèse des données et des pistes des uns et des autres. Les conclusions de l’expertise seront rendues fin 2012.

En complément, le laboratoire de chrono-environnement de l’Université de Franche-Comté a fait part de ses premières propositions pour un programme de recherche sur les dysfonctionnements constatés dans les rivières karstiques comtoises.

Une présentation précise et concrète de ces différents axes de recherche est disponible sur le site Internet de la Direction Départementale des Territoires (www.doubs.equipement-agriculture.gouv.fr).

Au cours de la réunion, les scientifiques présents ont indiqué que la qualité des eaux de la Loue, qui reste satisfaisante au regard des critères européens, ne permet pas d’identifier un facteur déterminant des dysfonctionnements constatés :les causes des mortalités piscicoles apparaissent multifonctionnelles.

Outre cette recherche d’une meilleure compréhension des phénomènes en cause, un point a été fait sur les actions en cours concourant à la protection des milieux aquatiques.

Concernant le Doubs Franco-Suisse, et selon le souhait des autorités étatiques locales concernées, une gouvernance bi-nationale s’organise afin de construire un diagnostic partagé et un programme d’actions approprié. En application d’un accord de février 2008 entre les deux pays, le Préfet du Doubs mettra en place le 12 mai prochain, avec le Sous-Directeur de l’Office Fédéral Suisse de l’Environnement, un groupe de travail bi-national sur la qualité des eaux.

Un point d’information complet sur ce dossier sera fait le 29 avril prochain en sous-préfecture de Montbéliard avec les élus locaux et les représentants des pêcheurs.

S’agissant des aspects sanitaires, l’Agence Régionale de Santé a confirmé que le suivi des services permettra, si nécessaire, d’envisager de nouvelles interdictions de consommation des produits de la pêche (comme pour la Loue en juin 2010) en fonction des résultats d’analyses disponibles.

La baignade de Pont de Roide dans le Doubs fera l’objet d’un suivi particulier pour les cyanobactéries pendant la saison estivale, en sus du contrôle sanitaire classique, comme en 2009 et 2010.

De même, le suivi des sites de baignade dite « sauvage » mené en 2010 sur la Loue sera reconduit en 2011. Il est rappelé que les résultats d’analyses disponibles jusqu’alors n’ont pas mené à des interdictions d’usage pour motifs sanitaires.

Concernant l’eau destinée à la consommation humaine, les ressources de Chenecey-Buillon dans la Loue (alimentation de Besançon) et de Mathay dans le Doubs (alimentation de l’agglomération du Pays de Montbéliard) font l’objet d’une filière de traitement classique d’eau superficielle, permettant de délivrer une eau de qualité conforme. Elles feront également l’objet, comme d’autres ressources, d’un suivi particulier, en fonction des résultats du dispositif renforcé évoqué ci-dessus.

Par ailleurs, l’ARS a précisé que la maladie qui atteint actuellement les poissons sur le Doubs Franco-Suisse et jusqu’à l’amont de Montbéliard, n’a pas d’impact sur la santé humaine".


Pour en savoir plus :

Voir la page consacrée à cette mise sur le site de la DDT du Doubs : Réunion de la MISE spéciale "Loue et rivières comtoises" du 20 avril 2011