LES POLLUTIONS INDUSTRIELLES.*


Dans l’industrie, l’eau réfrigére, dissout, nettoie et évacue... les déchets liquides et solides. Durant la seconde partie du siècle dernier, la montée en puissance de l’industrie s’accompagna de spectaculaires pollutions des cours d’eau, souvent toxiques pour de milliers des poissons des rivières.

Sous la pression des idées écologiques, le législateur se préoccupa progressivement de protéger l’eau pour aboutir aux textes repris dans l’actuel Code de l’environnement.

Mais "pondre des lois" c’est une chose ; les faire appliquer en est une autre ! L’action énergique des associations de défense de la nature y contribue lorsqu’elles n’hésitent pas à traîner devant le juge même les pollueurs économiquement les plus puissants. Le "risque pénal" a énormément contribué à une prise de conscience environnementale chez les industriels.

Malgré certains progrès, le travail de vigilance des associations reste plus que jamais indispensable, car l’Etat ne s’est jamais doté d’une police industrielle suffisante en personnels et en moyens...

L’industrie reste responsable de la presque totalité des rejets toxiques dans le milieu naturel. Le problème d’ailleurs est mondial et beaucoup plus grave encore dans les pays pauvres.


Dans l’industrie, il existe maintenant des filières d’élimination spécialisées, auxquelles toute entreprise a l’obligation de confier ses déchets solides ou liquides, dangereux pour l’eau et l’environnement.

Pour les eaux usées industrielles, celles-ci doivent être neutralisées, détoxiquées, épurées avant tout rejet dans la rivière (métaux lourds, polluants organiques stables de synthèse). Il existe des procédés de traitement adaptés. Mais ceux-ci ont leurs limites, quand ce n’est pas le laxisme de certains industriels encouragés à "économiser sur la nature" par la rapacité des actionnaires... ou par l’absence de poursuites judiciaires ou de sanctions par les Tribunaux !

Les industriels bénéficient pourtant de subventions des agences de l’eau pour leurs équipements de réduction des pollutions.

Les effluents industriels peuvent aussi, après un pré-traitement de neutralisation, être déversés dans les réseaux d’assainissement publics. Mais cette opération doit impérativement être autorisée par une convention entre l’industriel et la collectivité. Cette convention autorisation fixe des normes pour la composition des effluents qui doivent être acceptables par la station d’épuration publique et ne pas en perturber le fonctionnement. Elle fixe également la contribution financière de l’entreprise. Mais trop souvent ces conventions ne sont même pas imposées par les élus responsables des collectivités locales, pour faire plaisir aux industriels, quand ils ne sont pas industriels eux-mêmes. En savoir plus sur cette convention de déversement.

Pour économiser l’eau, éviter les rejets et la pollution toxique, certaines entreprises novatrices utilisent l’eau en circuit fermé dans leurs installations. Il n’y a plus de rejets... C’est une industrie "propre".

Selon les pouvoirs publics, la situation des gros rejets industriels a évolué positivement ces dernières années, mais...

Malgré la réduction des rejets, la pollution industrielle continue de s’accumuler dans l’environnement

Les associations découvrent encore des rejets clandestins.

Les pollutions accidentelles de rivières, entraînées par des négligences et des insuffisances graves, ne sont pas rares.

Les analyses d’eau effectuées dans l’environnement montrent la présence de molécules polluantes provenant d’activités industrielles. Ainsi, il n’est plus rare maintenant de déceler, dans les eaux superficielles des quantités significatives de solvants, produits dont le rejet est cependant interdit.

Un bilan des principaux rejets industriels de France est présenté sur le site du Réseau National des Données sur l’Eau (RNDE) par type de polluants http://www.rnde.tm.fr/. Mais cet inventaire ne concerne que les principales entreprises et est pour l’essentiel le fruit de "l’autosurveillance" ! Celle-ci est réalisée par les industriels eux-même à la demande des pouvoirs publics. Car très peu d’analyses de contrôle sont effectuées directement par la police industrielle assurée par les Directions Régionales de l’Industrie et de l’Environnement (DRIRE). Celles-ci ne disposent que d’effectifs et de moyens dérisoires pour un très grand nombre d’entreprises, dont certaines sont extrêmement dangereuses pour l’environnement, voire la de sécurité publique...

Aujourd’hui, si les pollutions de la plupart des grosses entreprises ont été réduites, se pose le problème des rejets diffus et très mal connus des petites entreprises, souvent de taille artisanale, utilisant des produits chimiques très polluants ou dangereux. Des centaines de molécules de produits chimiques industriels sont ainsi diffusées dans l’environnement.

Les différentes natures des pollutions industrielles.

- Mécaniques (Par exemple le rejets de particules de sables,...)

- Thermique (Rejets d’effluents de refroidissement,...),

- Organiques (Surtout par les industr agroalimentaires, les fromageries, ...)

- Métalliques ( Les métaux lourds sont toxiques : mercure, cadmium, chrome, .......),

- Chimiques (Produits acides ou alcalins, solvants, hydrocarbures, produits organiques de synthèse,...)

- Radioactives (Rejets d’éléments radioactifs)

Les ancien sites industriels ont laissé un héritage de pollutions de leurs sous-sols et de leurs eaux dont il faut se préoccuper . Il existe un fichier national "BASOL" tenu par le Ministère en charge de l’environnement. Il est accessible sur internet à l’adresse : http://basol.environnement.gouv.fr/

Il faut également garder un œil vigilant sur les professionnels de l’élimination des déchets : un marché très juteux, parfois exercé par de véritables « margoulins », et où les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des promesses. Là encore l’absence d’une véritable police industrielle dotée de moyens sérieux est source d’inquiétude pour l’avenir de notre environnement.

Enfin l’industrie produit, utilise et diffuse dans ses déchets et productions des centaines de nouvelles molécules dont beaucoup ne sont pas inoffensives pour les être vivants. Ces polluants sont pour une grande part, entraînés par et dans les eaux.

Et au lieu de se dissoudre dans l’eau, certains polluants toxiques peuvent s’acculer dans les sédiments du fond des cours d’eau, constituant de véritables bombes à retardement.

Il faut donc que le citoyen ait un regard vigilant sur les activités industrielles. Les Préfectures devraient communiquer sans réticences à tout demandeur, les résultats des mesures de surveillance des rejets industriels. Mais la transparence est souvent difficile à obtenir même pour des associations regroupant un grand nombre de personnes..


Si leur taille et leurs activités sont importantes, les activités industrielles sont soumises, pour la protection des eaux, (normes de rejets) à la législation relative aux Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE).. Une police spéciale des ICPE dépendant du Préfet est chargée de leur surveillance.

Les autres activités et installations doivent respecter la législation sur l’eau, le règlement sanitaire départemental (RSD), les règlements communaux.

NDLR : Pour la pollution rejetée par les grosses industries, il est possible d’obtenir des informations sur internet. Voir article consacré au registre européen des émissions polluantes.