L’oléoduc qui a « lâché » 4.000 m3 de pétrole brut dans la réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau (13) passe aussi… dans l’Est pour rejoindre l’Allemagne et la Suisse.



Le 07 août 2009, une fuite soudaine de cet oléoduc a provoqué un geyser de 4m de hauteur qui a recouvert de pétrole brut plus de 2 hectares du sol de la réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau.

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Voir sur Dailymotion sur le film tourné par le garde de la réserve naturelle, Guillaume Paulus : http://www.dailymotion.com/video/xa3e29_fuite-de-petrole-dans-une-reserve-n_news

Le pipeline Sud-européen : Un oléoduc de plus de 750 km

Le pipeline Sud-européen transporte actuellement plus de 20 millions de tonnes du pétrole brut par an, pour alimenter les raffineries de Feyzin (vallée du Rhône), de Pétroleplus à Cressier (Suisse), de Reichstett (Bas Rhin), de Miro à Karlsruhe (Allemagne) ainsi que l’usine pétrochimique de Carling (Lorraine).

Cet oléoduc, après avoir traversé la plaine de la Crau, remonte la vallée du Rhône et remonte jusqu’à Strasbourg. Il se dirige ensuite vers l’Allemagne. Il comporte un embranchement vers la Suisse ; c’est le pipeline du Jura, sur lequel est situé le dépôt de Gennes (25). Ce tube transporte presque 3 millions de tonnes de pétrole brut par an en Suisse.

Le désastre écologique de la Crau a été dénoncé par la secrétaire d’État à l’écologie, Chantal Jouanno, qui en a appelé à la vigilance.

Si un tel accident peut se produire sur un terrain de plaine et dans un site aussi sensible qu’une réserve naturelle, on peut légitimement s’inquiéter pour les 750 km de tubes aciers soudés bout à bout du pipeline sud européen. Ils sont en place depuis près de 45 ans et suivent le relief parfois accidenté. L’oléoduc est souvent enfoui dans le sol de zones karstiques, très vulnérable en cas de fuites.

Et les installations commencent à vieillir

Ce pipeline appartient à la Société du Pipeline Sud Européen (SPSE) qui fêtait en 2008 ses 50 ans d’existence. A cette occasion, un petit film a été tourné ; On y voit un responsable technique déclarer : « Les installations de SPSE fonctionnent depuis plus de 45 ans avec une fiabilité qui ne s’est jamais démentie. Mais qui aujourd’hui commencent à vieillir »

Les fuites accidentelles auraient pour origines les plus fréquentes des activités humaines mal contrôlées (travaux agricoles ou publics). Mais une part d’entre elles, sont aussi liée à la corrosion externe ou interne des tubes, où le pétrole s’écoule à une vitesse d’environ 7 km/h.

Au regard des textes, les pipelines ne sont pas des installations classées au regard de la loi. Mais ils sont encadrés par l’arrêté du 4 août 2006 portant règlement de la sécurité des canalisations de transport de gaz combustibles, d’hydrocarbures liquides ou liquéfiés et de produits chimiques.

Dans le cas de la fuite de la Crau, les dispositions de cet arrêté, ont-elles bien été respectées et notamment celle prévue à son article 5 « Toute canalisation de transport en service à la date d’application du présent arrêté fait l’objet, lorsqu’elle n’a pas été déjà réalisée, d’une étude de sécurité qui est communiquée au service chargé du contrôle dans le délai maximal de trois ans. … » ?

Le pipeline reste le moyen de transport le plus écologique

Le transport par tube constitue cependant le moyen de transport le plus sûr et le plus écologique. Il nécessite peu d’énergie et ne produit pas de nuisances. On ne relève que moins d’un accident par an par mille km d’oléoduc.

Dans le cas de la réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau, c’est en premier lieu le passage du pipeline dans cette réserve qui pose problème. Mais l’installation était en place avant la création de la réserve en 2001.


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NDLR : En Franche-Comté, dans ce type d’affaire, il reste encore en mémoire la fuite du pipeline du Jura à la CHEVILLOTTE (25) survenue en 1985 dans le bassin d’alimentation de la source d’Arcier, captée par la ville de Besançon.