« Il faut désenclaver la région pour ne pas en faire une réserve d’indiens ».


Gérard CHAROLLOIS, le Président d’une association, la CONVENTION VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE RADICALE, n’a pas la langue dans poche quand il fustige certains responsables locaux qui n’ont pour projet que de réclamer le désenclavement de leurs contrées !

Un extrait de ce coup de gueule reçu par l’association mérite d’être diffusé tant il est vrai que l’environnement souffre de certains comportements que peut osent dénoncer.


Des hommes de grande nocivité : les Enclavés !

"Il y a parmi celles et ceux qui se vouent à la vie publique des personnes remarquables, pétries de la recherche du bien public, informées, éclairées et honnêtes, hermétiques aux cadeaux des lobbies et suffisamment courageuses et lucides pour mettre en échec leurs pressions catégorielles.

Tous les élus, même les « élus—locaux » ne sont pas tous « pourris », incompétents et aux ordres des petits intérêts privés qui défont et gangrènent l’intérêt général.

Comme nous aimerions pouvoir louer la vertu civique de ses militants du mieux, du vrai progrès !

Hélas, existent aussi des élus – locaux très naturellement corrompus et radicalement incompétents, si nombreux, si semblables, que les citoyens désabusés ne s’indignent même plus, en ce pays du moins, des turpitudes et malfaisances des décideurs politiques.

Comment discerner le « bon » du « mauvais » élu –local ?

Un leitmotiv, véritable tic du langage traduisant l’indigence de la pensée, discrimine le « mauvais » maire, conseiller général, député, sénateur et consort .

Impossible pour le « mauvais » élu de ne pas élucubrer sa logomachie, dès qu’il tente de s’exprimer .

voici la clé vous permettant de démasquer l’élu nuisible. Il va répétant son dogme, ainsi énoncé invariablement :

« il faut désenclaver la région pour ne pas en faire une réserve d’indiens ».

Voilà toute sa pensée limitée, bornée à cette phrase rituelle, signe de sa profonde nocivité.

La comparaison entre l’amérindien et ce débile népotique est fort insultante pour le premier nommé. Mieux vaut la compagnie de l’indien que celle de l’arrogant maniaque du développement insupportable et mieux vaut la vie dans la « réserve » que dans l’environnement sinistre conçu par le bétonneur asphalteur de canton.

Ce ne sont pas les régions mais les esprits qu’il conviendrait de « désenclaver ».

Car, pour nos commis des chambres de commerce, nos obligés des travaux publics, l’avenir s’appelle bretelles autoroutières, zones industrielles (dans lesquelles ils se gardent bien d’habiter), lotissements concentrationnaires, super-marché à chaque rond-point et

un rond-point à chaque kilomètre, hideuses banlieues démoralisantes, urbanisation infinie et absolu déménagement de la Nature puisque celle-ci ne rapporte rien. ...

Pour combattre cette fièvre dévastatrice de la zone artisanale, de la zone commerciale, de la zone d’urbanisation intense voulues par le plus petit maire de la plus petite commune rurale, de montagne ou de la côte, il conviendrait de réduire le nombre des communes.

Comment apprendre à ces élus-locaux, formatés à la croissance infernale, que l’avenir de l’humanité passe par la création de nombreuses réserves naturelles et la sauvegarde de la biodiversité, dont la protection ne concerne pas que les régions tropicales ou polaires, mais aussi la Provence, le Bassin parisien, la Creuse et la Bretagne.

Demain, les humains comprendront l’immense bonheur qu’il y a à vivre dans une région enclavée !

Mais, il sera trop tard et ce paradis terrestre aura disparu, parce que partout, frénétiquement, compulsivement, de très petits élus-locaux veulent satisfaire la quête de profit des propriétaires fonciers et des entrepreneurs voraces de leurs micro-circonscriptions électorales.

Le saccage des sites va plus vite que le désenclavement des cerveaux et ce n’est pas le moindre défi".

Gérard CHAROLLOIS