Grippe aviaire : n’accusons pas les oiseaux migrateurs



Le premier cas de grippe aviaire vient d’être détecté en France sur un canard sauvage, un fuligule milouin retrouvé mort dans la région des Dombes (Ain). Après la Grèce, l’Italie, l’Autriche, l’Allemagne et la Slovénie, il était prévisible que la France se trouve confrontée à l’épizootie.

Le fuligule milouin, comme les cygnes tuberculés retrouvés porteurs du virus, n’est pas un migrateur africain.

Ces espèces hivernent en Europe et peuvent se déplacer sur quelques centaines de kilomètres à l’occasion de vagues de froid qui les chassent de leurs zones d’hivernage.

Il est probable que ces oiseaux se sont contaminés au contact d’élevages de volailles en Europe de l’est, juste avant d’entamer leur déplacement. Une autre hypothèse, concernant les cygnes, est qu’ils se soient infectés en se nourrissant sur des zones agricoles fertilisées avec du lisier de poulet (pratique courante en Europe centrale) : en effet le virus peut rester actif plusieurs semaines dans les fientes de volailles.

Si ces quelques cas d’oiseaux sauvages porteurs du virus sont abondamment médiatisés, il n’en restent pas moins très marginaux, au regard des millions d’oiseaux qui traversent ou séjournent dans nos pays.

Les milliers de tests réalisés en Europe sur des oiseaux sauvages vivants se sont révélés négatifs jusqu’ici, et tous les oiseaux porteurs du virus sont retrouvés morts, ce qui indique que la forme hautement pathogène tue les oiseaux sauvages en quelques jours, sans qu’ils aient le temps de propager le virus sur de longues distances.

Les foyers découverts dans des élevages au Nigeria, loin de toute zone humide fréquentée par des migrateurs, confirment que le principal vecteur de la grippe aviaire est le commerce et l’importation de volailles, légal ou non.

Le nord du Nigeria est devenu la plus grande zone de production industrielle de volailles en Afrique, et ce pays représente le deuxième marché d’exportation de la Chine. L’arrivée du virus en Afrique démontre que le développement des échanges commerciaux et l’insuffisance des contrôles sanitaires sont à l’origine de l’extension de l’épizootie dans le monde.

La fédération France Nature Environnement déplore que l’avifaune soit trop facilement montrée du doigt, et invite le public à ne pas céder à la psychose : les oiseaux migrateurs sont d’abord les victimes, non les responsables, de l’épizootie.

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Communiqué de Presse de France Nature Environnement