Grignotage durable du Val de Saône : Sablière-gravière de Velet/Esmoulins (70) : le retour !



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L’exploitation de Velet en 2001...

En 2002, on pensait naïvement que c’était la dernière fois que l’on entendait parler de la société SAS GSM. Après avoir fait annuler la précédente autorisation couvrant une quarantaine d’hectares, après « avoir laissé » la société réaliser une dernière exploitation en champ de maïs sur une surface de 7 ha afin de permettre sa reconversion économique, la CPEPESC le pensait sérieusement !

Mais, c’était sans compter l’opiniâtreté de ses dirigeants qui viennent de solliciter auprès du préfet de la Haute-Saône une nouvelle autorisation d’exploiter une carrière alluvionnaire sur les communes de Velet et Esmoulins au sein du périmètre NATURA 2000 « Valllée de la Saône ». La surface effective d’extraction couvre un peu plus de 11 ha (production annuelle prévue de 200 000 tonnes pour une durée de huit années).

La CPEPESC est, comme de coutume désormais, intervenue à l’enquête publique pour montrer sa désapprobation au commissaire enquêteur dénonçant un grignotage programmé.

Promesses de carriers

Elle a notamment rappelé l’engagement que les dirigeants de la société GSM de l’époque avait pris.

Dès 2003, ceux-ci avaient signifié à notre association lors d’une visite organiser sur le site que les 7 hectares des Près Médecin (ceux évoqués plus haut) seraient désormais les derniers exploités puisque GSM allait se tourner désormais vers la roche massive : le temps de l’alluvionnaire étant révolu compte tenu de son impact fort sur les milieux naturels (lit majeur de cours d’eau) et des nouvelles orientations en matière de production de granulats.

Promesse non tenue avec ce nouveau projet, qui ampute à nouveau plus de 11 ha de milieux alluviaux !!

Aujourd’hui, une nouvelle équipe à sa tête, le ton est tout autre puisque l’actuel responsable foncier/environnement sur ce dossier a, lors d’une réunion, reconnu qu’il ne pourrait plus prendre d’engagement en ce sens au nom du groupe qu’il représente.

Difficile donc pour notre association d’accorder le moindre crédit à cette société quand elle prétend s’engager sur une remise en état écologique des lieux dans le cadre de la nouvelle demande, remise en état qui, aussi remarquable qu’elle pourrait être, ne saurait, par son caractère artificiel, venir remplacer la perte des habitats irrémédiablement détruits.

D’autant plus difficile… quand on sait que 4,5 ha issus de la précédente autorisation annulée (cf. supra) n’ont jamais fait l’objet d’une opération de reboisement.

D’autant plus difficile encore… quand on constate que la remise en état de l’actuel plan d’eau des Prés Médecin n’est pas encore conduite avec toute la rigueur et la justesse nécessaires aux opérations de génie écologique.

commissaire enquêteur pro forma

Le commissaire enquêteur, lui, ne s’est posée aucune question. Il faut croire que le développement durable ne fait pas partie de ses préoccupations puisqu’il a donné un avis favorable sans la moindre réserve, ni recommandation, considérant que, par ses dimensions et le lieu de son emprise, ce projet n’a qu’une incidence limitée sur les milieux physiques et environnementaux (sic). Mais, aurait-il oublié que près de 90 ha ont déjà été exploités sur ce site reconnu pour son grand intérêt écologique ?