Extension du parc d’activités de Technoland, dit Technoland II près de Montbéliard.


Le 4 mai 2005, la CPEPESC a adressé le courrier suivant qui précise sa position au Président de la Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard au sujet de l’extension du parc d’activités de Technoland, dit Technoland II

Monsieur le Président,

En prévision de la réunion du 4 mai 2005 à laquelle nous n’assisterons pas, nous souhaitons, par la présente, vous rappeler ou (re)préciser notre position sur ce nouveau projet de ZAC décrit comme une extension du trop combien destructeur « Technoland I ».

Nous osons, dans un premier temps, poser la question de la pertinence économique de ce projet alors même que des places demeurent vacantes au sein de certains parcs d’activités de la communauté d’agglomération (cf. ci-dessous), alors même encore que coexistent sur ce même territoire des friches industrielles (Hérimoncourt, Seloncourt, Bart...).

Le site de Technoland lui-même abrite au moins 4 bâtiments non occupés aujourd’hui (anciens entrepôts des sociétés Bertrandt, STEM, etc...

Une fois de plus la rentabilité économique est le premier critère de sélection puisque, économiquement parlant, il est toujours plus facile d’aménager que de réaménager un espace bâti existant. Mais où est donc le développement (et la conservation) durable des espaces ruraux, agricoles et naturels dans ce nouveau projet ?

Sur les aspects intrinsèques du projet, si la démarche de recherche d’une qualité environnementale de l’aménagement de la ZAC engagée par la CAPM, en collaboration avec le SEDD, s’avère louable, nous devons préciser que les enjeux se déclinent aussi (et surtout) en amont dans la recherche d’un impact qui se voudrait le moins préjudiciable possible sur l’environnement, les espaces ruraux et les paysages en prenant toutes mesures utiles visant à en réduire les effets.

Et les enjeux ici concernent l’aménagement par imperméabilisation et artificialisation d’un territoire vaste de près de 200 hectares, territoire à vocation principalement agricole. Notre lecture attentive de l’étude d’impact rédigée par SAGE Environnement nous conforte malheureusement dans l’idée que cette perte d’une surface notable d’un territoire rural qui conserve encore des éléments structurants du paysage (rares prairies de fauche et ou pâturées de la zone, bosquets, vergers, haies, arbres isolés) - « présentant une belle homogénéité de secteur agreste, aux qualités paysagères indéniables » - ne sera pas compensée comme il se doit.

Cette opération aura indéniablement des impacts négatifs sur ces éléments et espaces semi-naturels mais nous ne savons rien des surfaces ou des linéaires concernés. L’étude reste étonnamment muette sur ce point et n’est, de toute évidence, pas à la hauteur des enjeux environnementaux...bien qu’il soit précisé que « le dossier de réalisation fera l’objet d’une actualisation du dossier d’impact en fonction de l’évolution du projet ».

Elle ne peut, en revanche, nier le fait que « ce sont les haies, les zones boisées et les vergers autour des villages qui accueillent le plus d’espèces tant d’un point de vue qualitatif que quantitatif ». En effet, ces éléments forment une trame verte et une zone de transition entre la plaine de l’Allan et l’habitat proche à préserver en priorité pour la petite faune sauvage. Ils méritent à ce titre un traitement spécifique auquel il n’est fait nullement mention si ce n’est au travers de l’aménagement d’un passage à faune pour lequel nous ne connaissons aucune des caractéristiques (spécifique ? mixte ? inférieur ? supérieur ?).

Sans mesures réductrices et compensatoires fortes susceptibles de pouvoir compenser les effets négatifs de l’opération, nous ne donnerons pas davantage caution à cette énième opération préférant - dans l’attente d’avancées notables en matière de prise en compte effective de l’environnement - ne plus assister aux différentes réunions auxquelles vous nous conviez.

Comptant sur votre compréhension, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de nos salutations distinguées.


Le 11 mai 2005, le journal le « Pays de Franche-Comté » se fait l’écho de la position de la CPEPESC.