Eutrophisation des rivières comtoises : il y a 20 ans un sénateur du Doubs accusait déjà … la météo !



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G. Gruillot (ump) a été sénateur jusqu’en 2008.

En 1989, un sénateur du Doubs, G. Gruillot, interpellait le secrétaire d’Etat chargé de l’environnement « sur les problèmes de qualité de l’eau rencontrés dans la région de Franche-Comté, dus en partie à un phénomène d’eutrophisation consécutif à la sécheresse estivale. Ce manque d’oxygène dissous dans l’eau provoque une pollution qui rend plus difficile la production d’eau potable ».

Et il lui demandait de préciser les dispositions qu’il entendait « pour réduire les risques de pollution et assurer une alimentation en eau potable des populations ». (Question écrite 06203 ; JO Sénat du 07/09/1989 - page 1434).

On ne peut imputer à la seule sécheresse ces phénomènes selon le Ministère !

Dans sa réponse le ministère de l’environnement précisait « En différentes régions du territoire, on a observé des phénomènes d’eutrophisation des rivières, imputables en partie à la sécheresse estivale. Ces phénomènes ont parfois rendu difficile la production d’eau potable : des mesures ont été prises par les autorités locales, maires et préfets, et par les responsables des services de distribution d’eau pour que les populations continuent d’être alimentées avec une eau ne présentant pas de risques pour la santé publique.

Mais on ne peut imputer à la seule sécheresse ces phénomènes qui ont une origine plus chronique : depuis plusieurs années, les services chargés de suivre l’évolution de la qualité des eaux superficielles et les agences de bassin observent un accroissement de l’eutrophisation des eaux dû aux apports en azote et phosphore ».

Traitement des eaux pour les collectivités, sensibilisation pour l’agriculture…

Le ministère précisait encore : « C’est pourquoi le secrétariat d’Etat chargé de l’environnement a demandé aux préfets d’établir des cartes départementales de zones à risques, du point de vue de l’eutrophisation, et d’élaborer des programmes départementaux pour lutter contre cette nuisance. Ces programmes comprendront en particulier la mise en place d’installations de déphosphatation ou de dénitrification des eaux usées domestiques ou industrielles partout où cela s’avérera nécessaire.

Par ailleurs, depuis 1984, le secrétariat d’Etat chargé de l’environnement et le ministère de l’agriculture et de la forêt mettent en œuvre un programme d’information et de sensibilisation du monde agricole sur la fertilisation raisonnée des sols et l’utilisation de pratiques culturales adaptées.

La lutte contre la pollution d’origine agricole devrait être une des priorités des futurs programmes d’intervention des agences de bassin, ce qui rendra sans doute nécessaire l’extension de la redevance de pollution aux nitrates ». (JO Sénat du 04/01/1990 - page 32)


On sait ce qu’il en est advenu...